Zone euro: course contre la montre pour un accord sur la dette

 Les Etats-Unis ont fait davantage pression lundi pour que la zone euro boucle au cours de son sommet de jeudi un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce, indispensable pour éviter une contagion de la crise, alors que les marchés s'inquiètent en raison de clivages persistants.S'invitant une nouvelle fois dans le débat sur la crise de la dette européenne, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a exhorté les dirigeants du Vieux continent à agir davantage pour "contenir le risque d'une escalade de la crise".

Ces propos surviennent alors que les risques de voir la crise se propager à l'Italie ou l'Espagne sont plus importants que jamais.

Malgré la publication des résultats des tests bancaires et le plan d'austérité adopté par l'Italie la semaine denière, les investisseurs restent extrêmement craintifs. Les Bourses ont fini en forte baisse lundi, atteignant pour certaines comme Paris leur plus bas niveau de l'année.

Sur le marché de la dette publique, les taux à 10 ans de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie ont atteint de nouveaux plus hauts depuis la création de la zone euro en 1999.

Enfin, la monnaie unique est tombée légèrement au-dessus de 1,40 dollar pendant que l'or --valeur-refuge par excellence-- a atteint un nouveau record absolu.

Avant le sommet attendu des dirigeants de l'Union monétaire jeudi à Bruxelles, plusieurs rencontres d'experts sont prévues dans les jours à venir, dont une réunion des hauts fonctionnaires de la zone euro mercredi soir, qui s'annonce déterminante.

"Il reste des choses à régler entre l'Allemagne et la Banque centrale européenne (BCE), mais aussi entre les Etats de la zone euro", a dit à l'AFP une source proche des discussions.

Se voulant rassurant, un porte-parole du gouvernement allemand a dit s'attendre à "un bon résultat" qui serait "digne d'être présenté".

Berlin toutefois n'en démord pas: il faut que les banques créancières de la Grèce participent au second plan d'aide pour Athènes, malgré les réticences de la BCE.

Le président de l'institut de Francfort, Jean-Claude Trichet, a lui rejeté lundi toute idée de défaut --même partiel-- de la Grèce sur ses obligations de remboursement.

Une telle situation -- que la plupart des options de contribution du secteur privé, pour l'heure à l'étude, entraîneraient --, obligera la BCE à ne plus accepter les obligations de la Grèce en garantie pour prêter de l'argent aux banques. Ce qui contraindrait alors les gouvernements à renflouer eux-mêmes le système bancaire en Grèce et ailleurs dans l'Union monétaire.

Le bras de fer entre Berlin et la BCE se poursuit donc sur les modalités de la participation des créanciers privés de la Grèce -- banques, assurances, fonds d'investissement -- au deuxième plan d'aide au pays, d'un montant similaire au premier décidé l'an dernier, de 110 milliards d'euros de prêts.

Le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti, a évoqué une possible solution, indiquant lundi à Bruxelles que la zone euro envisageait l'introduction d'une taxe sur les banques pour aider la Grèce.

"Elle aurait l'avantage de ne pas faire intervenir directement les banques et donc de ne pas potentiellement créer de défaut" de paiement de la Grèce qui présenterait des risques de contagion, a-t-il expliqué.

Les choses semblent avoir bien évolué sur un autre point. Le programme de sauvetage de la Grèce devrait passer par un rachat par la Grèce d'une partie de sa dette publique sur les marchés, où sa valeur a baissé de près de moitié.

Les pays européens semblent prêts à ce que le Fonds de secours de la zone euro donne à Athènes les moyens d'une telle opération, qui permettrait de réduire le volume global de l'endettement du pays (environ 350 milliards d'euros aujourd'hui) et le montant des intérêts à verser.