Washington, au bord du défaut de paiement, tente de rassurer le monde

 Washington a tenté lundi de rassurer la communauté internationale et les marchés alors que le défaut de paiement menace plus que jamais les Etats-Unis, empêtrés dans une impasse politique au Congrès sur le relèvement du plafond de la dette.Dans l'espoir de trouver une porte de sortie, les chefs démocrates du Sénat ont proposé lundi un plan prévoyant un relèvement du plafond suffisant pour tenir jusqu'en 2013, accompagné d'une réduction des déficits de 2.700 milliards de dollars.

Ce plan a immédiatement été soutenu par la Maison Blanche, dans l'attente d'une réaction des républicains, maîtres de la Chambre des représentants.

Si les républicains "refusent cette offre, ça veut dire qu'ils veulent un défaut" de paiement, a affirmé le sénateur Charles Schumer, tandis que le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, prévenait les républicains que "la balle est dans leur camp" et saluait sans réserve ce plan "raisonnable".

Les élus ont vainement tenté de trouver un accord pendant le week-end pour autoriser un relèvement du plafond de la dette de 14.294 milliards de dollars, et éviter un défaut de paiement avant le 2 août, date butoir fixée par le Trésor.

De son côté, le président républicain de la Chambre, John Boehner, travaille à un plan qui comprendra des coupes budgétaires de milliers de milliards de dollars et une hausse de l'endettement en deux fois.

Ce dernier point est devenu un nouveau sujet de discorde entre les deux camps car les démocrates réclament une autorisation d'endettement qui puisse durer jusqu'en 2013, après la présidentielle de novembre 2012.

Selon des responsables républicains, le chef de majorité à la Chambre, Eric Cantor, a jugé "politique et indéfendable" de réclamer un relèvement du plafond de la dette à long terme.

Lundi, M. Carney a rétorqué sur Twitter que "les républicains de la Chambre mettent en péril notre économie en refusant le compromis". Selon lui, M. Boehner a "tourné le dos deux fois à des accords raisonnables soutenus par le public. Ca, c'est indéfendable".

Face à l'incertitude, les marchés ont perdu du terrain: la Bourse de Tokyo a terminé en repli de 0,81%, Sydney de 1,58%, Séoul de 0,96% et Taipei de 0,93%. Hong Kong a clôturé en baisse de 0,68%, Paris de 0,77% et Londres de 0,16%. En Europe, seule la bourse de Francfort a terminé en hausse (+0,25%).

Et à New York à A 16H25 GMT, le Dow Jones perdait 0,42% et et le Nasdaq 0,24%.

De son côté, le Fonds monétaire international a prévenu lundi, dans son rapport annuel sur l'économie américaine, que les Etats-Unis risquaient de subir "un choc grave" si le Congrès n'agissait pas à temps.

Les pourparlers à Washington piétinent depuis plusieurs semaines, même si tous les protagonistes assurent qu'un défaut de paiement sera en fin de compte évité.

"Nous savons à quel point c'est important pour nous et pour vous (...) J'ai confiance dans le fait que le Congrès fera ce qu'il faut, et arrivera à un accord sur le plafond de la dette, (puis) travaillera avec le président Obama sur des mesures améliorant nos perspectives budgétaires à long terme", a déclaré la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, en déplacement à Hong Kong.

La porte-parole du département d'Etat a expliqué que Mme Clinton avait pris la décision de s'exprimer sur ce sujet depuis l'étranger, après avoir été sollicitée par ses homologues. "Beaucoup de pays trouvent que notre système (politique) est dur à comprendre", a reconnu Victoria Nuland.

Outre la question de la durée, les deux camps n'ont toujours pas réglé leurs différends sur la hausse des recettes fiscales, vigoureusement rejetées par les républicains, mais toujours défendues par M. Obama, qui a affirmé lundi que "nous ne pouvons pas réduire notre déficit seulement en coupant dans les dépenses".

Le plan présenté par les démocrates du Sénat ne prévoit toutefois pas de hausse immédiate de la fiscalité.