Wall Street signe sa pire semaine depuis un an, plombée par la dette

 La Bourse de New York ne devrait pas connaître de répit avant l'annonce d'un compromis sur le relèvement du plafond de la dette américaine, à quelques jours d'une échéance cruciale, alors que l'impasse des négociations a fait vivre au marché sa pire semaine depuis un an."C'est une semaine qui a fait des dégâts, où le marché a été complètement pris en otage par la politique", constate Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.

Sur la semaine écoulée, l'indice Dow Jones a lâché 4,24%, terminant systématiquement dans le rouge à chaque séance. A 12.143,24 points vendredi, il a fini la semaine à son plus bas niveau depuis le 27 juin, sa pire semaine depuis juillet 2010.

L'indice Nasdaq, à dominante technologique, a abandonné 3,58% à 2.756,38 points, et l'indice élargi Standard and Poor's 500 3,92% à 1.292,28 points.

Chaque jour a appporté son lot d'incertitude supplémentaire au fur et à mesure que se rapprochait la date du 2 août, mardi prochain, limite avancée par le Trésor avant que les Etats-Unis risquent de faire défaut.

Les pertes relativement limitées du marché vendredi (-0,65% pour le S&P 500) semblaient indiquer que les investisseurs continuaient de tabler sur une résolution, avant la date fatidique, de la question du relèvement du plafond de la dette, afin de permettre aux Etats-Unis de payer ses factures.

Mais "le problème le plus important, c'est l'abaissement de la note de la dette américaine, pas le défaut de paiement", souligne Owen Fitzpatrick, de Deutsche Bank.

"Les Etats-Unis n'ont jamais connu d'abaissement de la note. Ce sont des eaux inexplorées. C'est pour cela qu'il est difficile de savoir si le marché le prend complètement en compte ou non", explique M. Fitzpatrick.

En attendant, le marché sera "très nerveux la semaine prochaine", anticipe Marc Pado. "Tout va dépendre d'un succès" des négociations.

Outre le problème de la dette, le marché a terminé sur une note négative avec les chiffres de la croissance vendredi, marquant un net ralentissement de l'expansion de l'activité économique américaine au deuxième trimestre. Les chiffres pour le début de l'année ont eux été sévèrement révisé, avec un taux de croissance à 0,4% contre 1,9% précédemment.

Pour Lindsey Piegza, de FTN Financial, certains indicateurs commençaient à montrer des signes de faiblesse sous-jacentes dans l'économie.

La semaine prochaine seront publiés d'importantes statistiques économiques, en particulier les indices ISM sur l'activité manufacturière lundi et dans les services mercredi, ainsi que les chiffres officiels de l'emploi vendredi.

"Le rapport sur l'emploi va vraiment donner le ton pour savoir si les entreprises embauchent et augmentent leur production, ce que nous ne nous attendons pas à voir dans les chiffres", explique Lindsey Piegza.

Elément encourageant toutefois, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage se sont inscrites pour la premières fois en trois mois et demi sous la barre des 400.000 la semaine passée.

"C'est une semaine très importante et nous aimerions pouvoir nous concentrer sur l'économie, ce serait bien mais nous sommes coincés" avec le problème de la dette, observe Marc Pado.

Quelques grandes entreprises auront leurs résultats au menu des investisseurs: le laboratoire Pfizer mardi, le constructeur automobile General Motors jeudi ou encore le fabricant de produits de grande consommation Procter & Gamble vendredi.

Si jusqu'à présent environ les trois-quarts des sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats ont dépassé les attentes, ce fait a complètement été éclipsé par l'inquiétude grandissante autour de la dette américaine.