Wall Street se replie, inquiète de voir l’économie ralentir

 La Bourse de New York était en nette baisse mardi, inquiète pour l'économie américaine après un nouvel indicateur décevant, malgré la proximité du vote du Sénat sur le compromis sur la dette: le Dow Jones perdait 0,75% et le Nasdaq 0,82%.Vers 15H50 GMT, le Dow Jones Industrial Average cédait 91,05 points à 12.041,44 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 22,64 points à 2.721,97 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 reculait de 1,01% (ou 12,94 points) à 1.274,00 points.

Lundi, Wall Street avait limité ses pertes au terme d'une séance très volatile, dans un marché plombé par un indicateur américain mais soutenu par l'espoir d'un vote en faveur d'un accord sur la dette des Etats-Unis. Le Dow Jones avait abandonné 0,09%, le Nasdaq 0,43% et le S&P 500 0,41%.

Peu réactif au vote lundi soir de la Chambre des représentants en faveur du relèvement du plafond de la dette et d'une réduction des dépenses, les investisseurs préféraient "concentrer leur énergie sur la série d'indicateurs économiques décevants", a indiqué Sarah Wasserman, de Schaeffer's Investment Research.

Dernière statistique en date, la consommation des ménages a fléchi en juin aux Etats-Unis selon le département du Commerce. Elle a cédé 0,2% par rapport au mois précédent alors que les analystes attendaient une légère hausse.

"Le marché a été distrait par ce qui se passait à Washington, et il avait oublié que les Etats-Unis continuaient à lutter pour sortir d'une grande récession", a observé Lindsey Piegza, de FTN Financial.

Le marché avait dû encaisser vendredi des chiffres de croissance peu rassurants pour la première moitié de l'année, tandis qu'une expansion quasi nulle de l'activité manufacturière lundi avait douché l'enthousiasme initial du marché sur l'accord trouvé à Washington sur la dette.

Les nerfs mis à vif par la longue impasse politique qui a marqué les négociations sur le budget, le marché s'attaquait à une semaine riche en indicateurs sensibles, qui culminera vendredi avec les chiffres mensuels de l'emploi.

Les investisseurs attendaient encore le vote du Sénat sur le compromis sur la dette.

La réaction du marché a montré qu'il est "loin d'être satisfait" du compromis trouvé, a souligné Patrick O'Hare, de Briefing.com, un compromis qui par ailleurs n'écarte pas totalement la menace d'un abaissement de la note de crédit des Etats-Unis.

Au sein de l'indice Dow Jones, le titre Pfizer baissait fortement, de 2,05% à 18,62 dollars après la publication de résultats tout juste supérieurs aux attentes. Le laboratoire pharmaceutique a maintenu ses prévisions pour l'année, alors que certains de ses concurrents les avaient relevées.

Le géant mondial de la distribution Wal-Mart (-1,06% à 52,06 dollars) était pénalisé par une recommandation négative des analystes de Jeffries, qui ont réduit leurs estimations de bénéfice par action pour l'année 2012 et 2013.

Le groupe boursier transatlantique NYSE Euronext (-2,94% à 32,03 dollars) a vu son bénéfice net reculer de 16% à 154 millions de dollars au deuxième trimestre, en raison d'un repli de son chiffre d'affaires.

Le constructeur automobile américain General Motors (-1,39% à 27,68 dollars) a annoncé une hausse de 7,8% sur un an de ses ventes en juillet aux Etats-Unis, portée par les ventes de sa marque GMC et le succès de sa berline Chevrolet Cruze.

Le fonds d'investissement new-yorkais Jana Partners et le fonds de pension Ontario Teachers Pension Plan ont acquis au total 5,2% du capital de l'éditeur McGraw-Hill (+5,55% à 43,71 dollars), propriétaire de Standard and Poor's, auquel ils pourraient demander des "changements".

Le marché obligataire continuait de monter. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans reculait à 2,690% contre 2,740% lundi soir, et celui du bon à 30 ans à 4,019% contre 4,071%.