Wall Street recule très fortement, emmenée par les banques

 La Bourse de New York évoluait en très forte baisse mercredi matin, plombée par le secteur bancaire, incapable de poursuivre le rebond de la veille alors que les inquiétudes sur l'économie dominaient: le Dow Jones perdait 3,63% et le Nasdaq 3,15%.Vers 15H15 GMT, le Dow Jones Industrial Average cédait 407,67 points à 10.832,10 points, après avoir abandonné jusqu'à plus de 4%, et le Nasdaq, à dominante technologique, 78,16 points à 2.404,36 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 reculait de son côté de 3,41% (ou 40,02 points) à 1.132,51 points.

Mardi, Wall Street avait rebondi de manière spectaculaire à la suite de l'engagement de la banque centrale américaine (Fed) à maintenir des taux d'intérêt quasi nuls jusqu'en 2013. Le Dow Jones avait gagné 3,98%, le Nasdaq 5,29% et le S&P 500 4,74%.

Après avoir enregistré deux chutes jeudi et lundi, et après avoir repris environ 430 points mardi, l'indice Dow Jones continuait de faire des montagnes russes, effaçant son rebond de la veille.

Mercredi matin, le marché boursier se trouvait de nouveau sous pression "alors que les courtiers sont aux prises avec l'idée d'une politique monétaire assouplie sur une période prolongée et la perspective d'une économie au ralenti", ont indiqué les analystes de Charles Schwab.

La Fed a annoncé qu'elle allait garder son taux d'intérêt directeur près de zéro "au moins jusque mi-2013" et qu'elle envisageait de nouvelles mesures de relance pour aider l'économie. Dans le même temps, elle a justifié ces annonces par une croissance "considérablement plus lente" qu'attendu et des risques qui "se sont accrus".

"Les dirigeants (de la Fed) ont émis un jugement sombre sur l'économie, et de là, il y a eu un bond de la volatilité", alors que la confiance des investisseurs restait "fragile", a constaté Scott Marcouiller, de Wells Fargo Advisors.

L'indice Vix qui mesure cette volatilité, surnommé "indice de la peur", bondissait de plus de 25% à 43,84 points.

Le marché obligataire profitait une fois de plus de la prudence des investisseurs et des craintes pour la croissance future. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans se repliait à 2,143% contre 2,182% mardi soir, et celui du bon à 30 ans à 3,532% contre 3,573%.

La baisse mercredi était emmenée par le secteur bancaire. Bank of America dévissait de 9,47% à 6,88 dollars, JPMorgan Chase de 5,36% à 34,45 dollars, Citigroup de 8,77% à 29,03 dollars et Wells Fargo de 6,74% à 23,11 dollars.

Le marché subissait "les craintes sur l'économie qui se dirige peut-être vers une nouvelle récession et les inquiétudes persistantes autour des problèmes de dette de la zone euro", a expliqué Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.

Les Bourses européennes se repliaient fortement de leur côté, sapées elles aussi par les inquiétudes concernant le secteur bancaire, alors que la Grèce envisage d'étendre son programme d'échanges d'obligations afin d'y inclure des titres à plus longue échéance, ce qui pénaliserait fortement certains de ses créanciers privés.

Aux Etats-Unis, un nouvel indicateur s'est révélé de mauvais augure: les stocks des grossistes ont moins augmenté qu'attendu en juin, signe "d'un ralentissement à venir de l'économie", selon Peter Cardillo.

Les valeurs liées à la consommation des particuliers et à l'industrie, sensibles à la conjoncture, chutaient également.

Le groupe de médias Disney était laminé après la publication de résultats pourtant meilleurs qu'attendu (-10,75% à 30,97 dollars), pesant sur l'indice Dow Jones.

Dans le reste de l'actualité, la banque Capital One (+0,88% à 41,13 dollars) a racheté les activités de cartes de crédit aux Etats-Unis du groupe britannique HSBC, pour un montant de 2,6 milliards de dollars.