Wall Street recule, estomaquée par la montée du chômage aux Etats-Unis

 La Bourse de New York a fini en nette baisse vendredi, fléchissant face à la montée du chômage aux Etats-Unis qui alimente les craintes d'un ralentissement de la croissance économique au deuxième trimestre: le Dow Jones a perdu 0,79% et le Nasdaq 1,46%.Selon des chiffres définitifs, le Dow Jones Industrial Average a perdu 97,29 points à 12.151,26 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 40,53 points à 2.732,78 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé de 0,97% (ou 12,78 points) à 1.300,16 points, juste au-dessus de la barre des 1.300 points sous laquelle il est descendu brièvement en séance pour la première fois depuis mi-avril.

"L'emploi, l'emploi, l'emploi. C'est la clé de la reprise économique", a souligné Lindsey Pieza, de FTN Financial.

Le marché n'a pas résisté à la faiblesse des chiffres officiels publiés vendredi, avec seulement 54.000 emplois créés en mai, un nombre bien inférieur aux attentes des analystes et au niveau des mois précédents.

"Ce rapport remet en question la viabilité de toute amélioration supplémentaire de l'économie", a indiqué Michael James, de Wedbush Morgan Securities.

Conséquence de la faiblesse des embauches, insuffisantes pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, le taux de chômage officiel aux Etats-Unis est remonté pour le deuxième mois de suite, à 9,1% de la population active.

Le rapport "mine vraiment la confiance des investisseurs", a rapporté Lindsey Pieza. "Pour la suite, il n'y a pas vraiment de dynamique dans le marché", a ajouté l'analyste.

Le marché a un peu comblé ses pertes en milieu de matinée, après la publication de l'indice ISM dans les services qui a montré une accélération de l'activité en mai aux Etats-Unis.

"Ce n'est toujours pas le rythme observé au premier trimestre, mais c'est en territoire positif. Toutefois, ça n'est pas assez pour contrecarrer la faiblesse du marché du travail", a souligné Mme Pieza.

Le marché a gardé un oeil sur l'Europe, sans vraiment réagir au feu vert donné par la Troïka représentant les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, au versement "début juillet" de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros consenti au pays, sous réserve d'accord "sur les modalités de financement" de son redressement.

Les secteurs de l'industrie, de la technologie et de la consommation de biens non-essentiels ont été les plus affectés par les craintes de ralentissement de la croissance.

Au sein du Dow Jones, l'avionneur Boeing (-1,12% à 74,84 dollars), le conglomérat industriels General Electric (-1,41% à 18,82 dollars), le fabricant de puces Intel (-1,81 à 21,68 dollars) ou encore le groupe de médias Disney (-1,70% à 39,38 dollars) ont signé parmi les plus fortes baisses.

Valeur défensive, le titre du géant de la distribution Wal-Mart est monté de 0,21% à 53,66 dollars. Le groupe a annoncé un nouveau programme de rachats d'actions de 15 milliards de dollars, qui fait suite à une première vague de rachat pour un montant similaire.

Le marché obligataire a progressé. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans s'est replié à 2,997% contre 3,030% jeudi soir, et celui du bon à 30 ans à 4,231% contre 4,251% la veille.