Wall Street parie sur le soutien de la Fed et finit en trombe

 La Bourse de New York a fini en forte hausse mardi, de mauvais indicateurs économiques aux Etats-Unis renforçant les espoirs de voir la banque centrale (Fed) se lancer dans de nouvelles mesures de relance: le Dow Jones a gagné 2,97% et le Nasdaq 4,29%.Selon les chiffres définitifs, le Dow Jones Industrial Average a progressé de 322,11 points à 11.176,76 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 100,68 points à 2.446,06 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 s'est adjugé 3,43% (38,53 points) à 1.162,35 points.

Les indices de la place new-yorkaise n'ont que faiblement limité leurs gains lorsque les salles de marché du New York Stock Exchange, à Wall Street, ont tremblé sous l'effet du séisme qui a touché la côte Est des Etats-Unis.

Mais aucune évacuation n'a été nécessaire, les échanges ont continué normalement, et le marché est reparti sur sa lancée.

"Doucement, mais sûrement, la confiance des investisseurs se renforce", a estimé Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors.

"Certains sur le marché anticipent que (le président de la banque centrale, Ben Bernanke) va dire des choses encourageantes vendredi. Le fond, c'est que les investisseurs commencent à croire qu'on va éviter une récession, et que même si la croissance est lente, elle sera positive", a-t-il ajouté.

Ben Bernanke doit s'exprimer vendredi lors d'une conférence organisée à Jackson Hole (Wyoming, ouest). Certains analystes parient qu'il va évoquer de nouvelles mesures de relance de l'économie, comme le responsable l'avait fait l'an dernier lors du même événement.

Les statistiques publiées mardi aux Etats-Unis n'ont fait que renforcer ces espoirs: les ventes de maisons individuelles neuves y ont baissé en juillet (-0,7%) et l'indice de la Fed mesurant l'activité industrielle dans la région de Richmond (Virginie, sud-est) a dégringolé.

"En ayant deux statistiques très, très mauvaises, le marché a une réaction positive. Cela montre à quel point on attend que, face à une économie très faible, de nouvelles mesures soient annoncées", a expliqué Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets.

Hors des Etats-Unis, les investisseurs ont été encouragés par des indicateurs d'activité plus élevés que prévu en Chine et en zone euro.

Les secteurs les plus sensibles à la conjoncture ont emmené le marché, dans la finance, la technologie et l'industrie.

Le pétrolier ExxonMobil a bondi de 4,96%, le fabricant d'engins de chantiers Caterpillar de 3,87%, l'avionneur Boeing de 4,09%, la banque JPMorgan de 4,10%, le groupe informatique IBM de 3,36%.

Exception notable: l'établissement Bank of America (-1,87% à 6,30 dollars) a enregistré la seule baisse au sein de l'indice vedette, après un plongeon de presque 8% la veille. Les investisseurs s'inquiètent de voir l'établissement contraint de procéder à une augmentation de capital pour disposer de suffisamment de liquidités.

Le reste du secteur financier a été bien orienté, l'indice S&P 500 du secteur bondissant de 4,70%. Selon la Compagnie fédérale d'assurance des dépôts bancaires, le nombre de banques en difficulté aux Etats-Unis a baissé au deuxième trimestre pour la première fois en plus de cinq ans.

McGraw-Hill a progressé de 4,45% à 38,69 dollars. Le groupe a annoncé le remplacement du président de l'agence Standard & Poor's, l'une de ses filiales: Deven Sharma va céder son poste à Douglas Peterson, un dirigeant de la banque Citigroup (+4,83% à 27,32 dollars).

Le marché obligataire a fini en forte baisse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a progressé à 2,137% contre 2,088% lundi soir, et celui du bon à 30 ans à 3,477% contre 3,400% la veille.