Wall Street en nette baisse, déçue par les indicateurs

 La Bourse de New York se repliait mardi en matinée, après trois séances de rebond, sous le coup d'indicateurs économiques décevants en Europe comme aux Etats-Unis: le Dow Jones perdait 0,90% et le Nasdaq 1,31%.Vers 14H10 GMT, le Dow Jones Industrial Average lâchait 103,53 points à 11.379,37 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 33,48 points à 2.521,72 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 reculait de 1,12% (13,54 points) à 1.190,95 points.

Lundi, Wall Street avait fini en forte hausse, dopée par une salve d'annonces de rachats d'entreprises: le Dow Jones avait gagné 1,90%, le Nasdaq 1,88% et le S&P 500 2,18%.

Cette troisième séance de hausse consécutive avait permis aux indices boursiers new-yorkais de remonter au dessus de leur niveau du 5 août, avant l'abaissement de la note des Etats-Unis par Standard & Poor's.

Quelques minutes avant l'ouverture mardi, l'agence Fitch a confirmé la note maximale, "AAA" de la première économie mondiale, une annonce qui n'a pas empêché la place new-yorkaise de démarrer dans le rouge.

"Les marchés boursiers se trouvent sous pression à la suite des chiffres décevants de la croissance" en zone euro, a expliqué Sebastien Galy, de la Société Générale.

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro n'a augmenté que de 0,2% au deuxième trimestre, notamment en raison du coup d'arrêt à l'activité subi en France (croissance nulle) et en Allemagne, la première économie de la région (+0,1%).

"La faiblesse de la croissance alimente les inquiétudes d'un ralentissement de l'économie mondiale et pose des questions sur la capacité (de l'Allemagne) à soutenir les économies de la zone euro en difficulté", a relevé David Campione, du site financier Briefing.com.

Les investisseurs attendent l'issue d'une rencontre à Paris entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Aux Etats-Unis, les chiffres de la construction de logements ont accentué la tonalité négative, les mises en chantier comme les délivrances de permis de construire rechutant en juillet.

En revanche, la production industrielle a enregistré sur le même mois sa meilleure progression depuis le mois de décembre (+0,9%), une embellie bien plus marquée que prévu.

Du côté des entreprises, les résultats publiés par deux valeurs vedettes ont été bien accueillis, ce qui permettait au Dow Jones de limiter les dégâts.

Le numéro un mondial de la distribution, Wal-Mart, bondissait de 3,19% à 51,57 dollars. Il a publié un bénéfice en hausse de 5,7% pour le deuxième trimestre, meilleur que prévu, bénéficiant de la croissance de ses ventes à l'international, et a relevé ses prévisions annuelles.

Toujours dans la distribution, le spécialiste du bricolage Home Depot (+5,02% à 33,04 dollars) a également relevé ses prévisions pour l'exercice, fort d'une croissance de 14,3% de son bénéfice trimestriel, là aussi au delà des attentes.

"Le marché semble prêt à céder une partie de ses gains accumulés lors des trois dernières séances", a constaté Frederic Dickson, de DA Davidson.

L'analyste ne s'attend pas "à voir les cours revenir sous les plus bas niveaux de la semaine dernière, mais plutôt évoluer à la dérive, sans réelle direction, en attendant d'en savoir plus sur la situation en Europe".

Le marché obligataire était en légère hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans reculait à 2,280% contre 2,285% lundi soir, et celui du bon à 30 ans à 3,740% contre 3,747% la veille.