Un consortium mené par Apple achète les brevets de Nortel pour 4,5 millards

 Un consortium mené par le géant américain Apple a remporté vendredi les enchères pour les plus de 6.000 brevets de l'équipementier en télécoms canadien en faillite Nortel avec une mise de 4,5 milliards de dollars, coiffant au poteau le rival Google pour ce trésor d'innovation.Le consortium mené par Apple comprend aussi les ténors EMC, Ericsson, Sony et le fabricant du téléphone multifonctions Blackberry, le Canadien Research In Motion (RIM), a indiqué Nortel dans un communiqué publié dans la nuit.

Les brevets comportent notamment des innovations pour la technologie avancée de réseau sans fil permettant de gérer plusieurs données afin de regarder la télévision, des vidéos en ligne ou écouter de la musique, mais aussi des semi-conducteurs, a précisé l'ex-fleuron canadien des télécommunications qui vend ses derniers actifs avant de fermer définitivement ses livres.

"L'importance et la valeur en dollars de cette transaction sont sans précédent, comme l'était l'intérêt pour ces actifs par certaines des plus grandes compagnies au monde", s'est félicité George Ridel, chef des opérations stratégiques de Nortel.

Google, qui avait annoncé qu'il était prêt à miser 900 millions de dollars pour ce trésor de propriété intellectuelle, Intel, Apple, Ericsson étaient parmi les repreneurs potentiels des brevets de Nortel lors de cette vente aux enchères qui a commencé lundi.

Mais au cours du processus, un consortium a "émergé" et raflé la mise dans cette méga-opération de rachat de propriété intellectuelle aux dépens de Google.

"Nous pensons que le consortium est dans une meilleure position pour utiliser les brevets d'une façon qui soit favorable à l'industrie à long terme", a déclaré dans un communiqué séparé Kasim Alfalahi, chef de la section de la propriété intellectuelle chez Ericsson.

Certains des brevets de Nortel sont "essentiels pour les télécommunications et d'autres industries", a-t-il fait valoir.

La participation du groupe suédois dans la transaction s'élève à 340 millions de dollars. Le groupe canadien Research in Motion a quant à lui chiffré à "environ 770 millions de dollars" sa part dans cette vente record.

La transaction doit encore recevoir le feu vert de la justice canadienne et américaine lors d'une audience conjointe le 11 juillet et devrait être bouclée au troisième trimestre, a souligné Nortel.

Nortel, qui au temps de sa splendeur au début du millénaire était la plus grosse société canadienne, avait déclaré faillite au début 2009 et ainsi amorcé la vente de ses principales activités à plusieurs de ses ex-concurrents, comme les Américains Avaya, Ciena et Genband, le Suédois Ericsson, le Japonais Hitachi et l'Autrichien Kapsch.

Mais la vente du "trésor" de l'ex-chouchou des financiers canadiens tombé en disgrâce, les brevets, n'avait pas eu lieu. Plusieurs analystes tablaient sur un pactole de 1,5 milliard de dollars, le tiers de la transaction finale.

Les ex-employés de Nortel et les actionnaires du groupe ne devraient pas voir la couleur de cet argent, qui doit être utilisée par le groupe pour renflouer ses créanciers.