Trichet appelle à la zone euro à tenir parole pour résoudre la crise

 Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a appelé lundi les gouvernements de la zone euro à tenir leurs promesses pour résoudre la crise de la dette, dans un contexte qui reste marqué par des incertitudes "particulièrement élevées"."L'application totale et dans les temps des décisions prises à l'issue du sommet du 21 juillet est essentielle", a affirmé M. Trichet lors d'une audition au Parlement européen à Bruxelles, alors que des garanties exigées par la Finlande notamment pour aider la Grèce font craindre que les tractations durent plus longtemps que prévu.

Le cas de la Grèce mis à part, "la détermination des autres gouvernements de la zone euro à honorer pleinement leur signature souveraine (tout faire pour être à la hauteur de leur notation pour l'émission de dette publique, NDLR) est un élément clé pour revenir à des finances saines et pour contribuer à des conditions de marchés stables", a-t-il ajouté.

M. Trichet a toutefois reconnu que les perspectives économiques sont sombres pour la zone euro, avec une croissance qui devrait se poursuivre de manière "modeste", dans un contexte d'incertitudes "particulièrement élevées".

"Nous continuons à estimer que la zone euro va croître à un rythme modeste. L'incertitude reste particulièrement élevée" en raison de la situation budgétaire globale fragile de nombreux pays, a-t-il précisé.

Il s'attend toutefois à une inflation qui devrait rester au-dessus de 2% dans les prochains mois, soit au-dessus du seuil qui inquiète la BCE, soucieuse de contenir la hausse des prix.

La BCE est en train d'évaluer "les risques" que cette situation représente pour la hausse des prix à moyen terme, alors que les marchés ne tablent plus désormais sur un nouveau relèvement des taux par la BCE en 2011.