TGV Djeddah-La Mecque-Médine: le consortium espagnol vainqueur

 Le consortium espagnol candidat au projet de train à grande vitesse Djeddah-La Mecque-Médine en Arabie saoudite, estimé à 7 milliards d'euros, aurait remporté l'appel d'offres, affirmaient mardi plusieurs médias espagnols.Contacté par l'AFP, Renfe, un des leaders du consortium avec Talgo, Adif, OHL et huit autres entreprises espagnoles, n'a pas souhaité s'exprimer, renvoyant au ministère des Transports.

"Le processus est très avancé, la candidature espagnole est en bonne position, mais ce n'est pas encore finalisé", a indiqué un porte-parole du ministère.

Le journal El Economista affirme pourtant que le ministre lui-même, José Blanco, a confirmé lundi aux membres du consortium qu'ils avaient remporté ce contrat. Selon Cinco Dias, le consortium a aussi reçu "la confirmation officielle d'Arabie saoudite".

Le quotidien El Pais assure quant à lui que le partenaire saoudien du consortium espagnol a lui aussi reçu cette confirmation, avec l'invitation à discuter des derniers détails techniques au cours des prochaines semaines.

L'attribution de ce méga-contrat, dont la valeur était d'abord estimée à 10 milliards d'euros et avoisine désormais les 7 milliards, est fortement disputée entre l'Espagne et la France. La SNCF et Alstom se sont alliés pour déposer une offre, avec le saoudien Al Rajhi.

"Nous n'avons reçu aucune notification, ni dans un sens ni dans l'autre", a indiqué à l'AFP une porte-parole d'Alstom, tandis que la SNCF et l'Elysée se refusaient à tout commentaire.

Le ministre français chargé des Transports, Thierry Mariani, a assuré de son côté que le gouvernement français n'avait "aucune information", un son de cloche identique à celui du secrétariat d'Etat au Commerce extérieur.

"Dans ce dossier, il y a eu des nouvelles et des contre-nouvelles. Il appartient aux autorités saoudiennes d'annoncer leur décision. Côté gouvernement français, nous sommes dans l'attente d'une décision qui concerne avant tout Alstom et la SNCF", a déclaré M. Mariani à l'AFP.

Le patron de la SNCF Guillaume Pepy avait estimé le 9 juillet dans un entretien à l'AFP que la décision pourrait intervenir "avant ou après le ramadan", qui a lieu du 1er au 29 août. "On est confiant sur la qualité de notre offre, on a fait la meilleure possible", mais "nous sommes comme tout le monde, nous attendons", avait-il ajouté.

Ce contrat a été abordé lors du déplacement en février du Premier ministre français François Fillon en Arabie saoudite.

Les Espagnols pourraient avoir bénéficié du rabais de 30% qu'ils ont appliqué à leur projet, mais aussi de leur expérience en matière de grande vitesse, l'Espagne étant devenue en décembre le champion européen, en nombre de kilomètres installés, passant devant la France.

Le projet consiste en la construction du train à grande vitesse (TGV) "Al Haramain" (les deux lieux saints), destiné à aider au transport des pèlerins entre Djeddah et les deux villes saintes de l'islam, soit 450 kilomètres de lignes.

Le pèlerinage annuel de La Mecque attire quelque 2,5 millions de musulmans de par le monde pour un séjour de deux semaines en moyenne.

Le consortium vainqueur fournira le matériel roulant et assurera la maintenance et l'exploitation de la ligne à grande vitesse pendant 12 ans.