Société Générale chute de près de 7% après un avertissement sur résultats

 Le titre Société générale chutait de près de 7% mercredi matin à la Bourse de Paris alors que le groupe a lancé un avertissement sur son objectif de bénéfice en 2012.A 09H15 (07H15 GMT), l'action abandonnait 6,86% à 30,27 euros, enregistrant la plus forte baisse du CAC 40, dans un marché en recul de 1,62%.

La banque a annoncé un bénéfice net en baisse de 31% à 747 millions d'euros au deuxième trimestre, en raison de dépréciations passées sur les titres d'Etat grecs.

Selon le PDG du groupe, Frédéric Oudéa, cité dans un communiqué, l'objectif d'un bénéfice net de 6 milliards en 2012, annoncé en juin 2010 dans le cadre du plan stratégique "Ambition 2015", "paraît désormais difficilement réalisable dans les délais prévus".

Hormis la dépréciation des obligations d'Etat grecques, le résultat du deuxième trimestre est globalement en ligne avec les prévisions des analystes, qui tablaient sur 993 millions d'euros, selon le consensus établi par Dow Jones Newswires.

Cette dépréciation se monte à 395 millions d'euros avant impôt et à 268 millions après impôt.

Le plongeon du résultat net est aussi lié à un autre élément exceptionnel, qui concerne la dette propre de Société Générale.

A la faveur de marchés perturbés au printemps 2010, la banque avait vu la valeur de sa dette baisser, la perception du risque lié aux banques étant de manière générale en augmentation.

Cet élément avait joué favorablement sur le résultat, à hauteur de 254 millions d'euros. Un effet qui a été beaucoup plus faible au deuxième trimestre 2011 (+16 millions), créant un effet de base défavorable.

Sur le plan opérationnel, la plupart des activités de la banque enregistrent une croissance de leur contribution au résultat, à l'exception de la banque de détail à l'international (-7%) et du pôle banque privée, gestion d'actifs et services aux investisseurs (-20%).

A la différence de la plupart de ses concurrents, Société Générale voit la contribution au résultat progresser en banque de financement et d'investissement (+9%), malgré un contexte de marché défavorable au deuxième trimestre.

Une hausse qui tient notamment à la très forte croissance des activités actions (+72%).

Quant au portefeuille d'actifs gérés en extinction (isolé du reste du groupe depuis la crise financière), il n'a amputé le résultat que de 70 millions d'euros.

Durant la période, la banque a réduit de 1,9 milliard d'euros son exposition à ce portefeuille, grâce à des amortissements (actifs arrivés à maturité) pour 800 millions et à des cessions pour 1,1 milliard.

Outre la banque de financement et d'investissement, le groupe a pu compter sur la bonne tenue de la banque de détail en France (contribution au résultat en hausse de 23%) et du pôle services financiers spécialisés (crédit à la consommation notamment) et assurances (+58%).

Ces deux activités ont été, pour partie, tirées par la baisse du coût du risque (provisions pour crédits impayés), de 25% pour la banque de détail en France et de 31% pour les services financiers spécialisés et assurance.

Au total, le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires) est en légère baisse de 2,6% à 6,5 milliards d'euros.

Malgré les réserves concernant l'objectif de résultat pour 2012, Société Générale prévoit néanmoins d'atteindre un ratio de fonds propres "durs" (capital social et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits accordés) d'au moins 9% fin 2013.

Le nouveau cadre réglementaire dit Bâle III, qui entrera progressivement en vigueur à compter de 2013, impose aux banques un ratio de fonds propres durs de 7%.

Mais le Conseil des gouverneurs des banques centrales (GHOS), l'organe de supervision du Comité de Bâle, a annoncé fin juin qu'une couche supplémentaire, comprise entre 1 et 2,5 points de pourcentage serait appliquée aux établissements dits systémiques, c'est-à-dire dont la défaillance menacerait de déstabiliser l'ensemble du système financier.