Séance morose à la Bourse de Paris enlisée dans la thématique de la dette

 La Bourse de Paris a terminé jeudi en baisse de 1,11%, toujours plombée par l'inquiétude engendrée par la crise des dettes souveraines en zone euro et aux Etats-Unis qui a relégué au second plan des indicateurs macroéconomiques et des publications d'entreprises solides.Le CAC 40 a cédé 42,04 points à 3.751,23 points dans un volume d'échanges peu étoffé (2,78 milliards d'euros) en ce jour de Fête nationale en France.

Même tension sur les autres places européennes, Londres a perdu 1%, Francfort et l'Eurostoxx 50 0,73%.

"La cacophonie qui continue de régner autour des dettes souveraines européennes et américaines et les dégradations des agences de notation ont encore perturbé les places financières", a noté François Duhen, stratégiste au Crédit Mutuel-CIC.

Mercredi, Moody's a menacé de dégrader la note américaine si aucun accord n'est trouvé sur le plafond de la dette fédérale.

Les négociations entamées sur le sujet par le président américain Barack Obama avec l'opposition républicaine sont pour l'instant dans l'impasse, les Républicains majoritaires à la Chambre des représentants refusant de voter un relèvement et exigeant qu'on s'attaque au déficit.

"Nous restons convaincus qu?une solution sera trouvée dans les temps", a commenté M. Duhen alors que l'accord doit être finalisé au plus tard le 2 août.

"Il est cependant de plus en plus probable que le compromis ne sera qu?a minima, repoussant une fois encore la date d?une solution plus structurelle qui permettrait de redonner aux investisseurs la visibilité nécessaire", a-t-il ajouté.

En zone euro, face à la pression des agences de notation, l'Union européenne peine toujours à parler d'une seule voix et le sommet envisagé pour stopper la contagion de la crise de la dette a été renvoyé "au moment opportun" par la Commission européenne.

Ce flou a contribué à crisper davantage le marché au lendemain d'une nouvelle dégradation de la note souveraine de la Grèce, abaissée par Fitch de trois crans, à CCC contre B+, un niveau rapprochant dangereusement Athènes de la catégorie des émetteurs insolvables.

Dans ce contexte anxiogène, les indicateurs macroéconomiques et les publications d'entreprises ont été relégués au second plan par les investisseurs.

Les ventes de détail ont pourtant rebondi faiblement en juin aux Etats-Unis, une assez bonne surprise pour les analystes qui s'attendaient à une baisse. Sur le front de l'emploi, les inscriptions au chômage sont tombées lors de la première semaine de juillet à leur plus bas niveau depuis la mi-avril.

Du côté des entreprises, JPMorgan Chase, première grande banque à publier ses résultats, a fait état d'un bénéfice en hausse de 13% à 5,431 milliards de dollars au deuxième trimestre, dépassant les attentes.

A Paris, Technip a cédé 3,11% à 71,25 euros et, hors CAC 40, CGG Veritas 5,23% à 23,08 euros. Barclays Capital a abaissé sa recommandation sur les deux valeurs parapétrolières de "surpondérer" à "pondération en ligne", a indiqué une source de marché.

Carrefour a perdu 2,28% à 21,81 euros après l'abaissement de son objectif de cours de 25 à 23 euros par Nomura inquiet des mauvaises prévisions publiées mercredi par le distributeur.

Lafarge (-0,08% à 39,60 euros) n'a pas profité de la prochaine cession de ses activités plâtre en Europe et en Amérique du Sud au belge Etex pour un milliard d'euros.

Le secteur bancaire a été de nouveau chahuté dans le sillage de la crise de la dette. Crédit Agricole a cédé 2,40% à 8,74 euros, Société Générale 1,31% à 35,51 euros et Natixis 1,22% à 3,23 euros.

NYSE Euronext (-0,33% à 23,82 euros) n'a pas bénéficié du ralliement des actionnaires de Deutsche Börse à son projet de fusion avec l'opérateur allemand.

Le laboratoire d'immuno-allergologie Stallergenes a pris 3,22% à 53,25 euros après avoir relevé ses prévisions de croissance annuelle, à la suite d'une progression de 10% de ses revenus au premier semestre.