PSA: Besson, « rassuré », juge qu’une délocalisation eût été « inacceptable »

 Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, s'est dit "rassuré" par le patron de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, à l'issue de leur rencontre, sur l'avenir des sites industriels d'Aulnay-sous-Bois et de Sevelnord, jugeant qu'une délocalisation eût été "inacceptable" pour l'Etat."Il m'a rassuré", a déclaré M. Besson sur RTL vendredi, au lendemain d'un entretien jeudi soir avec M. Varin, alors que la CGT a affirmé en s'appuyant sur un document interne de PSA que le constructeur automobile prévoyait de fermer ces deux sites, qui emploient 6.200 personnes, d'ici 2014.

"Il (Philippe Varin) ne me l'a pas confirmé, il m'a clairement indiqué l'inverse", a assuré le ministre pour qui en tout état de cause, une telle hypothèse aurait été "inacceptable". "Lorsque, hier matin, j'ai découvert ce document de travail dans la presse, je me suis dit qu'en toute hypothèse, il aurait été inacceptable pour les pouvoirs publics", a déclaré M. Besson. "Nous ne pouvons pas imaginer qu'après avoir aidé de façon très importante l'industrie automobile (...) ils envisagent une délocalisation", a-t-il insisté.

Selon le ministre, le document révélé par la CGT est un scénario de travail et non une décision opérationnelle. "Les faits montrent que ce document n'a pas été mis en oeuvre. Ce n'est pas une suspicion pour l'avenir, c'est déjà une réalité", a-t-il dit, arguant qu'"entre un scénario et une décision opérationnelle, il y a un monde".

Ce document, daté du 23 août 2010, situe "la fenêtre d'annonce possible, dans le calendrier électoral français, au 2e semestre 2012", soit après l'élection présidentielle.

Le patron de PSA a réaffirmé vendredi qu'il datait de plus d'un an, ayant été réalisé au moment de la crise et portant "sur la situation industrielle de PSA à l'horizon 2020". "Notre responsabilité est de réfléchir à tous les scénarios possibles. Ce document pose un certain nombre de questions. Depuis, certaines réponses proposées sont devenues caduques", a affirmé Philippe Varin au Parisien.

"La fermeture des usines d'Aulnay et de Sevelnord n'est pas d'actualité", a-t-il réitéré, même s'il y a bien des réflexions à long terme sur leur devenir. Ces réflexions seront transparentes et menées avec les salariés, a-t-il assuré.

"Je dis aujourd'hui aux salariés de cette usine (Aulnay, ndlr) qu'ils font un excellent travail et que nous partagerons avec eux nos réflexions", a ajouté M. Varin.

Quant à Sevelnord, "nous avons jusqu'en 2017 pour réfléchir à ce que seront les activités de ce site. Nous allons y travailler en toute transparence", a-t-il certifié.

Au demeurant, le patron des marques Peugeot et Citroën a estimé que la question des délocalisations était "une vraie question de fond" dès lors que selon lui "le coût du travail en France pose problème".

S'il est plus facile de trouver des réponses pour les modèles haut de gamme, "c'est plus difficile pour les petits modèles où l'on se retrouve en concurrence avec la Turquie, les pays d'Europe de l'Est" a-t-il fait valoir, concluant: "Nous nous battons pour maintenir un niveau élevé de production en France".