Plan de sauvetage de 9,8 milliards d’euros pour la Banque de Moscou

 La Banque de Moscou, cinquième du pays et récemment au coeur d'un scandale lié à un prêt à la femme de l'ex-maire de Moscou, va bénéficier d'un plan de sauvetage de 9,8 milliards d'euros, a annoncé vendredi la Banque centrale russe (BCR).Le banque semi-publique VTB, qui a acquis en février 46,48% de la Banque de Moscou, va augmenter son capital de 100 milliards de roubles (2,5 milliards d'euros), indique la BCR dans un communiqué.

Par ailleurs, l'Agence d'assurance des dépôts va accorder à la Banque de Moscou un prêt de 295 milliards de roubles (7,3 milliards d'euros) sur 10 ans, avec un taux d'intérêt annuel de 0,51%, un crédit lui-même accordé à l'Agence par la BCR sur cinq ans.

Ce plan de renflouement est le plus important accordé à une banque russe à ce jour.

Il doit permettre d'éviter une faillite de la Banque de Moscou, précise la BCR sans pour autant indiquer le montant exact des pertes de l'établissement ni comment elles ont été accumulées.

Par ailleurs, VTB va augmenter sa participation dans le capital de l'établissement, a indiqué le ministre russe des Finances Alexeï Koudrine.

"VTB va devoir consolider sa part pour atteindre 75%", a-t-il déclaré, cité par Interfax, expliquant que cela se ferait en partie via l'augmentation de capital et en rachetant des actions aux autres actionnaires.

Dans un autre communiqué, VTB a confirmé l'octroi de cette aide "pour surmonter des problèmes provoqués par des actions préméditées de l'ancienne direction de la banque".

La Banque de Moscou s'est retrouvée ces derniers mois au coeur d'un scandale. Son ex-président, Andreï Borodine, est soupçonné d'avoir indûment accordé en 2009 un prêt d'environ 320 millions d'euros à une société appartenant à Elena Batourina, épouse du maire déchu de Moscou Iouri Loujkov.

La Banque de Moscou était au moment des faits contrôlée à 60% par la mairie de la capitale russe.

Après l'ouverture d'une enquête pour escroquerie à son encontre, M. Borodine s'est réfugié à Londres et a vendu ses parts dans la banque.

Il a dénoncé en avril les "raids" de l'Etat russe contre des entreprises privées, après qu'un tribunal moscovite l'a relevé de ses fonctions de président de l'établissement.

Les détracteurs de l'ex-maire de Moscou, un poids lourd politique limogé en septembre par le président russe Dmitri Medvedev au terme d'un conflit, l'accusent d'avoir mis la capitale en coupe réglée avec son épouse, qui y a bâti un empire immobilier.

M. Koudrine a indiqué qu'une enquête serait menée.

"Nous espérons que les organes de sécurité vont mener une enquête sur la direction de la Banque de Moscou qui a admis cela", a déclaré M. Koudrine, ajoutant que les actifs de l'établissement étaient "concentrés dans d'autres pays"

M. Borodine s'est défendu sur son site internet.

"Je suis, comme tout le monde, choqué par la taille de ce sauvetage de 14 milliards de dollars que la Banque centrale vient d'annoncer", écrit-il.

"Je voudrais rappeler que, sous ma direction, la Banque de Moscou était depuis 2007 l'une des seules banques de Russie disposant d'une notation internationale et de banques internationales telles que Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Credit Suisse parmi ses actionnaires", ajoute-t-il, répétant que son éviction est le résultat de motivations politiques.