Parisot: atteindre 2% de croissance en 2011 « semble très difficile »

 La présidente de la principale organisation patronale française, le Medef, Laurence Parisot, a estimé lundi qu'il serait "très difficile" d'atteindre l'objectif du gouvernement de 2% de croissance en 2011, un chiffre jugé irréaliste par de nombreux économistes."C'est quelque chose qui semble très difficile à atteindre", a déclaré Mme Parisot sur France 2, alors que le produit intérieur brut français a stagné au deuxième trimestre, signe d'un fort ralentissement de l'activité économique.

L'objectif de croissance du gouvernement est de 2% en 2011, mais de nombreux économistes et analystes estiment que ce chiffre est inatteignable, ce qui complique d'autant l'élaboration du budget 2012 et le respect des engagements en faveur des réductions des déficits publics.

Le gouvernement doit dévoiler mercredi les pistes qu'il retient pour tenter de trouver des fonds supplémentaires afin de tenir ces objectifs.

"Si on ne manifeste pas de découragement, on peut continuer à aller chercher ces points de croissance", a toutefois estimé Mme Parisot.

Laurence Parisot a par ailleurs jugé que le gouvernement devait faire attention à "ne pas pénaliser" les entreprises pour ne pas enrayer la croissance.

"Si nous voulons gagner des dixièmes de point de croissance, il ne faut surtout pas pénaliser les entreprises, il ne faut surtout pas aggraver leurs coûts de production", a prévenu Mme Parisot sout en soulignant que l'"effort doit être collectif", mais se concentrer sur la réduction des dépenses.

Interrogée sur les marges de manoeuvre disponibles, la présidente du Medef, qui doit rencontrer le Premier ministre François Fillon dans la journée, a estimé que "les petites et moyennes entreprises sont au taquet de ce qu'elles peuvent subir comme prélèvements obligatoires".

Elle a, en revanche, concédé qu'il y a "peut-être des marges de manoeuvre chez les très grandes entreprises", sans donner davantage de précisions.

"Il faut aussi qu'elles restent compétitives à l'échelle mondiale", a mis en garde Laurence Parisot.

La dirigeante du syndicat patronal a également estimé qu'il y avait d'autres pistes à envisager, comme des délégations de service public de la part de l'Etat au secteur privé.

"Cela permettrait à l'Etat de moins dépenser et à des entreprises nouvelles de se développer sur ces secteurs-là", a-t-elle ajouté.