Nouveau plan d’aide de près de 160 milliards d’euros pour la Grèce

 La zone euro a annoncé jeudi soir à l'issue d'un sommet de crise un deuxième plan d'aide de près de 160 milliards d'euros pour la Grèce, qui risque toutefois de provoquer un défaut de paiement du pays, inédit dans l'histoire de l'Union monétaire."Le plan fait à peu près 160 milliards d'euros", a déclaré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à la presse à l'issue d'un sommet crucial pour l'avenir de la monnaie unique.

Le montant de ce second sauvetage, qui doit permettre à Athènes de tenir jusqu'à mi-2014, est bien supérieur aux chiffres qui circulaient précédemment, proches du premier plan décidé en urgence mi-2010 de 110 milliards d'euros.

Cet accord doit permettre de réduire le fardeau de la colossale dette grecque qui s'élève actuellement à 350 milliards d'euros et asphyxie le pays.

Dans le détail, environ 109 milliards d'euros doivent venir de prêts de l'Europe et du Fonds monétaire international, le reste, 49,6 milliards d'euros, d'une contribution du secteur privé créancier de la Grèce, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement. Soit 158,6 milliards d'euros au total.

Sur ce dernier montant, une partie viendra d'une "contribution volontaire" des banques créancières de la Grèce et une autre consistera en un rachat de dette grecque sur le marché.

La participation des banques dans un plan d'aide de ce type est une première au sein de l'Union monétaire et pourrait déboucher sur un défaut de paiement de la Grèce, même de courte durée. Il est question de "quelques jours", selon un diplomate.

Cette exigence d'impliquer à tout prix le secteur privé provenait de l'Allemagne. La chancelière Angela Merkel estime qu'elle ne pourra, sans cela, convaincre son opinion publique de prêter de nouveaux fonds aux pays européens en difficulté.

Cette question a été à l'origine d'un rude bras de fer ces dernières semaines entre Berlin, soutenu par les Pays-Bas et la Finlande d'une part, la Banque centrale européenne, la France et de nombreux pays d'autre part. Ces différends ont alimenté la nervosité des marchés et créé des turbulences qui ont failli emporter l'Italie à son tour dans la tempête de la crise de la dette.

"Nous avons décidé de soutenir la Grèce en tant que membre de l'euro et de la zone euro. C'est un engagement déterminé", a assuré le président français Nicolas Sarkozy après dix heures de discussions avec ses partenaires européens.

"Nous sommes conscients des efforts demandés aux Grecs, l'ensemble des pays de la zone euro ont décidé d'être à leur côté, on ne peut abandonner un membre de la zone euro à partir du moment ou celui-ci s'engage dans un programme de réforme", a-t-il ajouté.

Après avoir hésité, le FMI a finalement décidé de participer au nouveau plan d'aide à la Grèce, qui succèdera au premier décidé au printemps 2010, qui ne suffit déjà plus.

Ces annonces visent à rassurer les marchés et éviter une contagion de la crise aux pays les plus fragiles de la zone euro. Ce qui signerait probablement l'arrêt de mort de l'Union monétaire dans sa forme actuelle. Les Bourses européennes ont nettement grimpé dans la journée, en anticipant une conclusion positive du sommet. L'euro s'est fortement apprécié face au dollar, repassant au-dessus de 1,44 dollar. Wall Street a également clôturé en hausse.

Problème: les solutions trouvées pourraient toutefois déboucher sur un défaut de paiement de la Grèce, brisant ainsi un tabou au sein de l'Union monétaire.

Jusqu'ici fermement opposé à cette solution, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a salué jeudi soir le nouveau plan d'aide, le jugeant "crucial" pour stabiliser l'économie grecque. Il n'a toutefois pas exclu un défaut de paiement de la Grèce, qu'il avait rejeté jusqu'ici.

"Nous faisons valoir nos arguments, nous ne sommes pas toujours entendus", a-t-il reconnu.

Après des semaines de tergiversations, le couple franco-allemand a débloqué la situation en se mettant d'accord mercredi soir sur les moyens d'aider la Grèce. Le compromis entre Paris et Berlin a servi de base au projet d'accord trouvé