Moody’s baisse la note de dette des banques nippones après celle du Japon

 L'agence de notation financière Moody's a annoncé mercredi qu'elle abaissait d'un cran en moyenne la note de la dette à long terme de la plupart des établissements bancaires japonais, après avoir dégradé un peu plus tôt la note du Japon surendetté.Moody's a notamment revu négativement son appréciation sur Mizuho Bank, Mizuho Corporate Bank, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et Sumitomo Mitsui Banking, du fait de l'abaissement de la note du Japon et de craintes subséquentes que le pays ait à l'avenir moins de capacité à aider le secteur bancaire en cas de nouvelle crise financière.

"Plus précisément, les décisions de notation reflètent notre préoccupation que, malgré la volonté du gouvernement de continuer à soutenir le système bancaire, existe un risque croissant de diminution de son aptitude à fournir ce soutien", a précisé l'agence.

"Dans des conditions de tension extrême, les autorités seront en outre de plus en plus sélectives dans leur distribution d'aide", a-t-elle ajouté.

La note de la dette à long terme de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et Sumitomo Mitsui Banking a été abaissée d'un cran de Aa2 à Aa3 et celle de Mizuho Bank et Mizuho Corporate Bank de Aa3 à A1.

Par ailleurs, les notes de presque tous les autres établissements bancaires ont également été rétrogradées d'un cran en moyenne.

Les investisseurs à la Bourse de Tokyo ont immédiatement pris en compte ces nouvelles appréciations négatives, même s'ils s'y attendaient.

Le titre de Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), le plus échangé de la journée, a fini en recul de 2,92% à 332 yens, tandis que celui de Sumitomo Mitsui a lâché 1,77% à 2.170 yens. Mizuho a moins souffert, cédant 0,89% à 111 yens.

Moody's avait annoncé mercredi qu'elle abaissait d'un cran à Aa3 la note de la dette à long terme du Japon à cause de l'endettement massif du pays, aggravé par le séisme du 11 mars dans le nord-est.

Le Japon est endetté à hauteur d'environ deux fois son produit intérieur brut (PIB) et le fardeau grossit chaque année via l'émission de bons du Trésor pour combler des rentrées très inférieures aux dépenses, notamment depuis la crise financière et économique internationale de 2008-2009.

Cette révision a aussi conduit Moody's à dégrader d'un cran à Aa3 les notes de 12 autorités locales et de 13 sociétés affiliées à l'Etat, dont des compagnies d'autoroutes, le gérant de l'aéroport international du Kansai (ouest) ou la Banque de développement du Japon.

Dans la foulée et toujours en lien avec l'abaissement de la note du Japon, Moody's a maintenu sous examen pour une possible dégradation les notes de dix compagnies d'électricité et gaz, du groupe de télécommunications NTT et de sa filiale NTT Docomo ainsi que de sociétés de chemins de fer.

Moody's juge que l'environnement économique détérioré du Japon va amoindrir leur flexibilité financière vu leur forte dépendance à la demande intérieure qui peine à croître.

Pour les compagnies régionales d'électricité et de gaz, les risques proviennent aussi des conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima après le séisme du 11 mars dans le nord-est, et du flou sur la politique énergétique du Japon.

Les fournisseurs d'électricité régionaux vont aussi être appelés à contribuer au dédommagement des victimes de la catastrophe atomique, la pire depuis celle de Tchernobyl il y a 25 ans.

Moody's continue enfin d'étudier une dégradation de la note de six gros groupes privés japonais, dont le premier constructeur d'automobiles, Toyota, le géant de la distribution Seven & I Holdings, Fujifilm Holdings, actuellement créditées de la note Aa3.

Moody's est censée prendre une décision les concernant dans les trois semaines.