Logements neufs: les mises en chantier marquent le pas au deuxième trimestre

 Le rythme de progression des mises en chantier et des permis de construire de logements en France a marqué le pas au deuxième trimestre, un ralentissement sans surprise dans une trajectoire de sortie de crise, mais qui pourrait devenir inquiétant s'il se confirmait à l'avenir."Cela conforte dans le sentiment qu'on est sorti du creux de la vague. On a passé un premier palier, la moitié du chemin a été fait. Maintenant, il faut aller au-delà de la consolidation", estime Michel Mouillart, professeur d'économie spécialiste du secteur à l'Université Paris X-Nanterre.

Sur la période allant d'avril à juin, le nombre de mises en chantiers a progressé de 13,4% sur un an, pour atteindre 90.461 logements commencés. De leur côté, les permis de construire ont gagné 11,7% à 123.124 unités, selon les chiffres publiés mardi par le ministère du Logement.

A la fin du premier trimestre, le rythme de croissance des mises en chantier étaient encore de 35,5% sur un an et celui des permis de construire de 16,5%.

Pour M. Mouillart, le ralentissement des autorisations de construction n'est pas surprenant, car "il est normal que le rythme de croissance s'amortisse dans une année de reprise".

Au cours des douze derniers mois (juillet 2010 à juin 2011), le nombre de mises en chantier, avec 383.416 unités, est en augmentation de 14,9% par rapport à la même période de l'année précédente, et celui des permis de construire de 13,7% à 481.891 unités.

"Les volumes des permis de construire délivrés et des mises en chantier sur les 12 derniers mois restent à des niveaux très nettement supérieurs à ceux des 12 mois précédents, et peuvent laisser espérer 400.000 constructions en 2011", a commenté le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu, dans une déclaration à l'AFP.

"Ces résultats positifs proviennent notamment du plan de relance de l'économie et de la réforme de l'accession avec le PTZ+ (prêt à taux zéro+, ndlr), qui a mis en place des aides fortement solvabilisatrices", a-t-il estimé.

Néanmoins, mois après mois, la comparaison est moins flatteuse: en avril, le nombre de logements commencés a reculé de 0,8% par rapport au mois précédent. Et la baisse s'est creusée en mai (-1,3% par rapport à avril) et en juin (-1,5% par rapport à mai en données corrigées des variations saisonnières).

"Le mois de juin indique un essoufflement. Si cela se confirmait, on peut craindre une pause dans la reprise, et même plus qu'une pause", alerte Michel Mouillart.

Il peut aussi, selon lui, n'être aussi "qu'une mauvaise parenthèse" car l'effet positif du PTZ+, le nouveau prêt sans intérêt réservé aux primo-accédants et entré en vigueur début 2011, "n'a pas encore joué complètement dans les statistiques".

En revanche, le dispositif fiscal "Scellier" réservé aux investisseurs achetant pour louer, qui avait dopé les constructions l'an dernier, "jouera désormais beaucoup plus de manière négative que positive", souligne M. Mouillart.

Par région, si les mises en chantier (y compris les constructions sur un bâtiment existant) poursuivent leur envolée en Rhône-Alpes (+25,9% sur douze mois), en Alsace (+20%), en Aquitaine (+21,9%) et en Lorraine (+23,7%), quatre régions s'inscrivent toujours en baisse.

Il s'agit de l'Auvergne (-1,3%), de la Basse-Normandie (-6,6%), de la Bourgogne (-7%) et de la Picardie (-8,6%).

En Ile-de-France, les mises en chantier ont progressé de 8% pour atteindre 42.142 logements commencés sur les douze mois allant de juillet 2010 à juin 2011. C'est moins que les 48.594 logements débutés en Rhône-Alpes, une région pourtant moins peuplée.