Les promoteurs « inquiets » de la chute des ventes de logements neufs

 Trois ans après la crise immobilière de 2008, les promoteurs se montrent à nouveau "inquiets" de la chute des ventes de logements neufs au premier semestre en France.Les 34.060 ventes des promoteurs pour les six premiers mois de l'année représentent une baisse de 19% par rapport à la même période de 2010, a annoncé lundi la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

"C'est un retournement du marché. Nous sommes inquiets même si le deuxième trimestre marque un léger ralentissement de la baisse (-17%) comparé au premier trimestre (-21%)", déclare à l'AFP le président de la FPI Marc Pigeon.

Seules régions relativement épargnées: la Côte d'Azur (-5%), Nantes-Saint-Nazaire (-9%) et l'Ile-de-France (-13%) mais dans cette dernière la pénurie de l'offre fait exploser les prix (+12,5% sur 1 an contre +6,4% en province, soit près du double).

Trois raisons expliquent, selon M. Pigeon, ce plongeon des ventes: réduction des avantages fiscaux du "Scellier" pour les investisseurs achetant pour louer, augmentation des prix à cause de la généralisation des bâtiments basse consommation (BBC) et hausse des taux d'intérêt des crédits immobiliers.

Ce sont surtout les ventes aux investisseurs qui plongent (près d'un tiers par rapport au premier semestre 2010) et qui ne représentent plus que la moitié du total contre 59% un an plus tôt.

Le secteur du logement neuf ne profite pas non plus du nouveau dispositif PTZ+ (prêt à taux zéro), pour les accédants à la propriété, qui est "attribué à plus de 70% à des logements anciens dont une grande partie ne répond pas aux critères de performance énergétique", déplore la FPI.

"Ces résultats portent à réfléchir sur l'opportunité d'un nouveau coup de +rabot+ du dispositif Scellier avec ses conséquences sur l'emploi, la perte de recettes qu'il entraînerait et la reprise des tensions sur les loyers", avertit M. Pigeon.

Très populaire auprès de contribuables aisés, le "Scellier" a soutenu à bout de bras, depuis la crise, le marché du logement neuf et sauvé de la faillite de nombreux promoteurs.

Les promoteurs redoutent en effet toujours une possible baisse supplémentaire par Bercy des avantages fiscaux pour 2012 en raison des tensions pour boucler le budget de l'an prochain et de la nécessité de réduire les "niches fiscales".

Alors qu'il est déjà prévu que le taux de réduction du "Scellier", pour les BBC passe de 22% en 2011 (contre 25% en 2010) à 18% à 2012, les promoteurs craignent un nouveau coup de rabot pour le ramener à 15% l'année prochaine.

"Il faut trouver le point d'équilibre entre le bonheur privé et le malheur public", affirme le président de la FPI qui chiffre de 800 millions à 1 milliard d'euros la perte de TVA pour l'Etat si les ventes aux investisseurs représentaient 21.000 logements de moins par an.

Même si les promoteurs "espèrent un redressement" des ventes au second semestre, le chiffre de logements neufs vendus par le secteur va passer sous la "barre symbolique" des 100.000 pour l'ensemble de l'année 2011 contre 115.000 en 2010 et 106.000 en 2009.

Très loin du record de 127.000 en 2007 mais qui devait encore se situer nettement au dessus de la désastreuse année 2008 (79.400) qui avait vu un effondrement de plus de 37% des ventes.

Se voulant force de proposition dans le débat pour l'élection présidentielle de 2012, et pas seulement réclamant des avantages fiscaux, la FPI annonce qu'elle va lancer le 12 octobre prochain "un manifeste de réflexions et de propositions innovantes concernant la politique du logement".