Les prix à la pompe reculent de 3 centimes, satisfecit ministériel en France

 Les prix des carburants à la pompe en France ont reculé d'un peu plus de trois centimes la semaine dernière dans le sillage de la chute des cours du pétrole, le ministre de l'Energie Eric Besson estimant que les distributeurs ont "bien joué le jeu".Le gazole, le carburant de loin le plus vendu en France, s'est échangé en moyenne 1,3032 euro le litre, lors de la semaine achevée le 12 août, contre 1,3357 euro la semaine précédente, selon les relevés de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) publiés mardi.

Le litre de super sans plomb 95 s'est lui vendu à 1,4890 euro le litre, contre 1,5216 euro, et le sans plomb 98 1,5303 euro le litre, contre 1,5591 euro, selon la DGEC.

La baisse des prix à la pompe a suivi la chute des prix du pétrole, sur fond de crainte d'une croissance mondiale en berne: entre le 5 août et le 12 août, le baril de brut a perdu environ 1,5% à New York et à Londres, mais a parfois reculé de plus de dix dollars entre les deux.

Depuis la fin de la semaine dernière, les cours sont restés volatils, autour de 105-110 dollars le baril à Londres.

L'Union française des industries pétrolières (Ufip) avait estimé la semaine dernière que la baisse des cours du brut devrait se traduire par un recul de 4 à 5 centimes dans les stations-services françaises d'ici le 20-22 août.

"La baisse des prix a vraiment été rapide. Trois centimes et demi en une semaine, c'est vraiment beaucoup. C'est rare que cela baisse autant - comme c'est rare que cela monte autant d'ailleurs", a estimé Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip.

"On a fait les trois quarts du potentiel de baisse et on va voir cette semaine s'il y a le dernier quart, en gros un centime d'euro du litre", a-t-il dit à l'AFP, en soulignant que cela dépendrait de l'évolution des cours cette semaine.

Le ministre français de l'Energie Eric Besson avait demandé aux professionnels de la distribution de répercuter le repli avant le week-end chargé du 15 août, ce qui a été le cas selon M. Schilansky.

Sollicité par l'AFP, M. Besson a appelé à ce que cet engagement "de répercussion rapide et symétrique reste tenu dans la durée".

"Conformément à la demande que j?avais formulée la semaine dernière, la baisse de plus de 5% du cours des produits pétroliers a été répercutée très rapidement la semaine dernière", a déclaré le ministre.

"Nous constatons en effet à travers les chiffres hebdomadaires que les distributeurs ont bien joué le jeu (...) C'était important pour les Français qui ont ainsi pu bénéficier d'une essence moins chère pour le week-end du 15 août et je m'en félicite", ajoute le ministre dans un communiqué.

Le début des congés d'été avait lui été marqué par des prix élevés à la pompe: le 22 juillet, les prix des carburants avaient atteint leur niveau le plus élevé depuis fin avril-début mai, avec un gazole proche des 1,45 euro le litre.

Une polémique avait éclaté sur l'attitude des pétroliers, accusés d'être plus prompts à relever les prix des carburants qu'à les baisser. Cela avait valu au patron de Total, Christophe de Margerie, des recadrages du ministre de l'Economie François Baroin et de M. Besson.

Les prix s'étaient ensuite très légèrement tassés, mais il s'agit de la première semaine de fort recul.

Les prix relevés par la DGEC, qui dépend des ministères de l'Ecologie et de l'Energie, sont des prix moyens calculés sur le territoire national et peuvent donc varier d'un jour à l'autre ou d'une station-service à l'autre.

Il y a dix ans, le gazole valait environ 0,80 euro le litre et le super un euro le litre. Il y a cinq ans, le gazole était autour d'un euro le litre et le super un peu au dessus de 1,20 euro le litre, montrent les relevés de la DGEC.