Les marchés plus optimistes après le plan de sauvetage de la Grèce

 Les marchés financiers ont acueilli vendredi avec un certain optimisme le nouveau plan d'aide européen à la Grèce, voulant croire, au moins dans l'immédiat, qu'il permettra enfin d'enrayer la crise de la dette dans la zone euro.A l'instar des Bourses asiatiques, les principales places européennes ont presque toutes clôturé sur une note positive, le lendemain de l'annonce d'un nouveau plan de sauvetage européen de 160 milliards d'euros à la Grèce. Mais l'euphorie s'est quelque peu estompée au cours de la journée.

"Les résultats du sommet ont agréablement surpris les marchés mais comme toujours le +diable+ est dans les détails et des incertitudes demeurent sur l'intervention du secteur privé dans le sauvetage de la Grèce", ont prévenu les analystes du Crédit Agricole.

Car, selon plusieurs analystes, le risque de contagion n'est pas encore totalement écarté et il est encore trop tôt pour crier victoire.

D'autant que la première sanction est tombée: l'agence de notation Fitch, l'une des trois grandes à faire la loi sur les marchés, a annoncé son intention de placer la dette de la Grèce en défaut partiel.

Les autres agences de notation devraient parvenir au même verdict. Les dirigeants de la zone euro espèrent toutefois que le défaut de paiement sera limité "à quelques jours" et donc maîtrisable, selon un diplomate européen.

Après avoir démarré sur les chapeaux de roues, les places européennes ont ralenti leur progression. A la clôture, la Bourse de Paris a grimpé de 0,68%, Londres de 0,60% et Francfort de 0,50%. Exceptions, la Bourse de Milan (-0,15%) et la Bourse de Zurich (-0,17%) ont légèrement reculé (-0,15%).

La Bourse de New York peinait à trouver une direction: le Dow Jones reculait de 0,27% peu avant 16H00 GMT, alors que le Nasdaq montait de 0,36%.

"Les marchés ont reconnu une réelle avancée mais des zones de flou persistent", notamment "sur l'intervention volontaire du secteur privé", a estimé Yann Azuelos, gérant chez Meeschaert Gestion Privée.

Les créanciers de la Grèce devraient ainsi renoncer à environ 20% de leur mise initiale. Une addition lourde, mais gérable, selon des banquiers.

Le regain de vigueur de l'euro marquait le pas: la monnaie unique valait 1,4367 dollar peu avant 16H00 GMT, contre 1,4417 dollar jeudi à 21H00 GMT, mais elle restait bien au-dessus de son niveau de mercredi matin (1,4212 dollar).

Plus tôt en Asie, la Bourse de Tokyo avait clôturé en hausse de 1,22%, Hong Kong de 2,08% et Shanghai de 0,18%.

Les investisseurs ont salué "un plan ambitieux et qui va au-delà des attentes", selon le courtier Aurel.

Le marché de la dette des Etats européens, thermomètre de la santé de la zone euro, avait immédiatement répercuté ces bonnes nouvelles. Les taux des obligations grecques sur dix ans ont chuté, retombant à moins de 14%, des niveaux inédits depuis le printemps. Idem pour les taux portugais ou irlandais.

"Les dirigeants ont enfin pris la mesure de la gravité de la crise et se sont unis pour trouver une solution commune... Mieux vaut tard que jamais", a relevé Kathleen Brooks, analyste de Forex.com.

Si l'accord européen a procuré un répit aux marchés, la crise du plafond de la dette américaine n'est toujours pas réglée.

"Le compte à rebours continue de tourner alors que l'on se rapproche du 2 août", la date limite pour les négociations qui pourraient évoluer au cours du week-end, a commenté Frederic Dickson, analyste chez D.A. Davidson.