Les marchés accueillent avec soulagement le projet d’accord de la zone euro

 Les marchés financiers saluaient jeudi après-midi les premiers détails du projet d'accord de la zone euro sur la Grèce, qui permettrait de réduire la colossale dette d'Athènes mais pourrait déboucher sur un défaut de paiement partiel du pays."Les marchés financiers aiment la certitude, et même la certitude que des événements négatifs arrivent, tel un défaut de paiement" peut être accueillie avec soulagement par les investisseurs, a commenté Kathleen Brooks, analyste de Forex.com.

Après un début de séance en berne, les Bourses européennes rebondissaient, le CAC 40 parisien prenait 2,20%, le Dax allemand 1,37%, la Bourse de Madrid 3,00% et Milan 3,82%, vers 16H30 (14h30 GMT).

Les marchés ont accéléré la cadence une fois connu les premiers éléments qui devraient figurer dans la déclaration finale attendue à l'issue du sommet européen crucial pour la zone euro qui s'est ouvert à Bruxelles en début d'après-midi.

Les dirigeants européens s'orientaient vers un accord pour résoudre la crise de la dette grecque et empêcher une contagion à d'autres pays fragiles de la zone euro.

Selon ce projet d'accord, la zone euro compte allonger de 7 ans et demi à 15 ans au minimum la durée de ses prêts aux pays en difficulté comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal, et réduire le taux d'intérêt qu'elle leur demande de 4,5% à 3,5%.

La zone euro veut réduire le volume de la dette grecque qui est d'environ 350 milliards d'euros en impliquant les banques créancières du pays, comme le souhaitait l'Allemagne depuis le début, indique ce projet de déclaration finale.

Ce scénario a dopé l'euro qui s'est repris face au billet vert, remontant au-dessus de 1,43 dollar.

Outre-Atlantique, Wall Street était également orienté à la hausse, le Dow Jones prenant 1,26% et le Nasdaq 1,11%.

La détente se poursuivait sur le marché de la dette, où les pays fragiles de la zone euro (Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal) ont vu leur taux à dix ans nettement baisser.

"Le fait qu'un accord ait été trouvé supprime un poids qui pesait sur le marché et une source d'inquiétude pour l'économie: va-t-on subir un choc économique comme en 2008? Cela apaise ces craintes", a commenté l'analyste John Kilduff d'Again Capital.

Les investisseurs attendaient beaucoup du sommet, non seulement pour mettre sur pied un plan de sauvetage durable pour la Grèce mais également en vue de trouver des solutions pour enrayer la contagion de la crise de la dette à d'autres pays européens.

Selon une source européenne, le Fonds de secours des pays de la zone euro (FESF) pourrait être doté de la capacité inédite de racheter de la dette de ces Etats directement aux investisseurs.

Le deuxième programme de soutien à la Grèce devrait inclure également de nouveaux prêts de la part de la zone euro et du FMI qui pourraient atteindre 71 milliards d'euros, mais aussi une contribution des créanciers privés du pays, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement.

Particulièrement affectées par cette crise, les banques européennes menaient la danse et occupaient les premières places des indices. La française Société Générale prenait 6,11% et BNP Paribas 4,26%, l'allemande Deutsche Bank 3,40%, l'espagnole Banco Santander 4,61% et l'italienne Unicredit 8,52%.

Outre les chefs d'Etat des 17 pays de l'Union monétaire, plusieurs dirigeants de grandes banques européennes assistent au sommet.