Les craintes de contagion poussent l’Italie à renforcer son plan d’austérité

 L'Italie a l'intention de renforcer son plan d'austérité, qui doit être adopté vendredi, notamment grâce à des mesures sur les privatisations afin de donner des gages de crédibilité aux marchés et de juguler les craintes de contagion de la crise de la dette."Le décret pour l'équilibre budgétaire sera renforcé sur les quatre années", soit de 2011 à 2014, et "approuvé d'ici vendredi" par le parlement, a déclaré mercredi le ministre de l'Economie et des Finances, Giulio Tremonti lors de l'assemblée de l'association bancaire italienne à Rome.

Le feu vert définitif de la Chambre des députés, après l'adoption par le Sénat jeudi, est attendu vendredi en milieu d'après-midi, un processus extrêmement rapide pour l'Italie alors que l'examen du plan a seulement commencé lundi au Sénat.

Le gouvernement posera la question de confiance sur ce texte.

Face à la panique des investisseurs ces derniers jours, la majorité et l'opposition se sont mis d'accord mardi pour accélérer l'adoption de ce plan et éviter une contagion de la crise de la dette à l'Italie qui mettrait à genoux l'ensemble de la zone euro.

Adopté par l'exécutif le 30 juin et d'un montant annoncé de 40 milliards d'euros, ce plan doit permettre à l'Italie de parvenir à un quasi équilibre budgétaire en 2014, en réduisant le déficit public à 0,2% du PIB contre 4,6% en 2010.

Les économies doivent toucher en particulier les fonctionnaires avec un gel des salaires et des embauches, les collectivités locales, les retraites, les dépenses de santé...

Les discussions sont toujours en cours au Sénat sur les amendements destinés à renforcer ce plan mais M. Tremonti a annoncé la volonté du gouvernement de lancer les privatisations.

"Nous devons entamer un processus de privatisations", a déclaré le ministre, indiquant que les municipalités allaient être incitées à vendre leurs parts dans les sociétés publiques tandis que la réglementation sera simplifiée pour "procéder beaucoup plus rapidement" à ces privatisations.

M. Tremonti, qui n'a en revanche pas indiqué le montant que pourraient rapporter ces mesures, a précisé que les privatisations devraient être effectuées lorsque la situation des marchés financiers permettra d'obtenir un prix "raisonnable".

Les amendements présentés au Sénat prévoient, entre autres, le début de ce processus de privatisation en 2013 selon des modalités qui seront précisées ultérieurement, une "contribution de solidarité" sur les retraites dépassant 90.000 euros par an, l'introduction immédiate du ticket modérateur et l'entrée en vigueur dès 2013 d'une réforme prévoyant la hausse de l'âge de départ en fonction de l'espérance de vie.

Bonne nouvelle pour Rome, l'agence de notation Fitch a jugé que l'Italie devrait réussir à tenir ses objectifs de réduction du déficit, ce qui lui permettra de conserver sa notation, et que son énorme dette publique, qui représente 120% du PIB, n'était pas "insoutenable" malgré la hausse des taux due aux craintes actuelles des investisseurs .

Un jugement positif bienvenu alors que les deux autres grandes agences, Moody's et Standard and Poor's, envisagent de baisser la note de l'Italie.

Après la panique de vendredi et lundi, les marchés semblaient toujours rassurés et la Bourse de Milan clôturait sur une hausse de 1,79%.

Jugeant que ce plan était un "pas important" dans l'assainissement des finances publiques du pays, le gouverneur de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a toutefois appelé de son côté à davantage de réductions des dépenses publiques afin d'éviter une hausse des impôts.