Les Bourses se reprennent, mais le sommet Merkel-Sarkozy peine à convaincre

 Les Bourses mondiales se reprenaient mercredi, au lendemain du mini-sommet franco-allemand destiné à apaiser les marchés, mais les investisseurs restaient sceptiques quant aux mesures proposées pour enrayer la crise en zone euro."Il y a eu des engagements importants sur la solidité du couple franco-allemand mais aucune réponse pour enrayer la fragilité extrême des Bourses après la semaine dernière. C'est clairement un sommet pour rien", a expliqué Waldemar Brun-Theremin, gérant d'actions chez Turgot Asset Management.

Le tandem Angela Merkel et Nicolas Sarkozy -- "Merkozy" selon leur surnom donné par les marchés --, n'a pas réussi à convaincre les investisseurs, qui espéraient davantage que l'annonce de la création d'un gouvernement de la zone euro et de l'adoption d'une règle d'or d'équilibre budgétaire.

"Nous craignons que les investisseurs ne se contentent pas à court terme de ce cadre, qui doit par ailleurs être validé par tous les autres pays et qui n'apporte aucune réponse à court terme aux problématiques qui inquiètent les marchés", ont fait valoir les analystes de Barclays Bourse.

Après avoir ouvert en baisse, les places boursières européennes se sont tout de même redressées en cours de journée, certaines parvenant même à passer dans le vert.

A 14h25 GMT, Paris gagnait 1,37%, Londres 0,07%, Madrid 0,60% et Milan 1,20%. A l'inverse, Francfort cédait encore 0,21%.

A Wall Street, qui avait fini en recul mardi, le Dow Jones (+0,94%) et le Nasdaq (+0,81%) se ressaisissaient légèrement à l'ouverture.

Les valeurs des opérateurs boursiers souffraient tout particulièrement, plombées par l'idée d'une taxe sur les transactions financières au niveau européen avancée mardi par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L'opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext chutait de 5,85%, son homologue allemand Deutsche Börse de 4,07% et le London Stock Exchange de 4,42%.

Cette piste, épouvantail des marchés, est vivement contestée. Londres, haut lieu de finance internationale, a réitéré qu'elle ne pouvait s'appliquer qu'à une échelle mondiale. Deutsche Börse a jugé qu'elle n'était "pas apte à accroître durablement la sécurité et l'intégrité des marchés financiers".

De façon inattendue, le tandem franco-allemand, a lancé une nouvelle proposition mercredi, visant à suspendre le paiement des fonds structurels et de cohésion aux pays de la zone euro incapables de maîtriser leurs déficits budgétaires.

Si ce projet, qui figure dans un courrier adressé au président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, est suivi d'effet, il pourrait notamment pénaliser les mauvais élèves de la zone euro comme la Grèce, le Portugal ou l'Irlande.

A l'inverse, la mise en place d'euro-obligations et le relèvement de l'enveloppe du Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté actuellement de 440 milliards d'euros, réclamés avec insistance par les investisseurs, n'ont pas été retenus par les deux dirigeants politiques.

Sans ces mesures, "les inquiétudes des investisseurs ne vont probablement pas se dissiper de sitôt et la pression pourrait s'accroître à l'encontre des responsables européens", ont estimé les analystes du Crédit Agricole CIB.

En l'absence d'indicateur macro-économique majeur mercredi, les marchés restaient préoccupés par la question de la croissance en zone euro, après les mauvais chiffres publiés la veille.

Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro n'a ainsi augmenté que de 0,2% au total au deuxième trimestre. L'Allemagne et la France ont respectivement vu leur activité nettement ralentir (+0,1%) et stagner sur cette période.

Sur ce point, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient tenté de se montrer rassurants mardi, lors de leur conférence de presse commune à l'Elysée, affichant leur confiance quant aux perspectives économiques.

Outre-Atlantique, le président Barack Obama dévoilera un plan d'action pour relancer l'économie américaine et faire baisser le chômage dans un discours qu'il prononcera en septembre, a annoncé mercredi un haut responsable de l'administration.

Le vice-président américain Joe Biden a entamé une visite de cinq jours en Chine, principal créancier étranger du pays, afin de la rassurer sur la solidité financière des Etats-Unis, pointée du doigt avec la décision de l'agence Standard & Poor's de leur retirer sa note "AAA".

"Nous exhortons le gouvernement américain à assumer ses responsabilités avec sérieux et à prendre des mesures concrètes" au sujet de la dette, a écrit le Quotidien du Peuple, l'organe officiel du Parti communiste chinois.

Reflet des inquiétudes, le cours de l'or, valeur refuge, a fini en hausse mercredi à Hong Kong et s'est rapproché de la barre des 1.800 dollars l'once.

Sur le marché des changes, l'euro continuait a progresser face au billet vert, passant brièvement la barre de 1,45 dollar.

Le franc suisse grimpait face à l'euro, en dépit d'une série de mesures annoncées mercredi matin par la Banque nationale suisse pour enrayer l'envolée de la monnaie helvétique.