Les Bourses mondiales sous tension avant le sommet sur la Grèce

 Les principales Bourses mondiales évoluaient en forte baisse lundi, peu rassurées par les résultats des tests de résistance des banques, dans un climat d'inquiétude croissante sur la crise de la dette, aussi bien en zone euro qu'aux Etats-Unis.La zone euro, dont les dirigeants se retrouvent jeudi pour un sommet extraordinaire, doit impérativement boucler dans les jours à venir un nouveau plan de sauvetage de la Grèce afin d'éviter une contagion périlleuse de la crise de la dette.

A Paris, le CAC 40 perdait 1,49% peu avant 14H00 GMT, l'indice Footsie-100 de Londres se repliait de 1,02%, le Dax de Francfort perdait 0,90% et Milan lâchait plus de 2%.

A l'instar des Bourses européennes, Wall Street a ouvert en baisse, les investisseurs se montrant de plus en plus anxieux face à l'absence d'avancée sur la dette publique: le Dow Jones perdait 0,69% et le Nasdaq 0,57%.

Le camp démocrate du président Barack Obama et ses adversaires républicains n'étaient toujours pas parvenus à un accord lundi pour relever le plafond de la dette et éviter un défaut de paiement des Etats-Unis le 2 août.

La nervosité des investisseurs était aussi palpable sur le marché de la dette, où les taux espagnols, italiens et grecs sur dix ans ont atteint de nouveaux records depuis la création de la zone euro.

Les résultats des tests de résistance des banques, publiés vendredi, n'ont pas réussi à soulager les marchés, toujours focalisés sur la crise de la dette en zone euro qui menace désormais l'Italie et l'Espagne, ainsi que sur le sort de la dette américaine.

"Ces deux sujets empêchent, à court terme, les opérateurs de se réjouir et le marché actions n'a aucune raison de progresser", explique le courtier IG Market.

Malgré leurs bons résultats aux tests, les valeurs bancaires européennes étaient particulièrement chahutées. A Milan, Unicrédit chutait de 4,05% et Intesa Sanpaolo de 3,98%. A Londres, elles perdaient plus de 3%.

Les banques françaises et allemandes souffraient de leur importante exposition à la dette grecque: Société Générale perdait jusqu'à 4,90% et BNP Paribas 1,72%. A Francfort, Deutsche Bank et Commerzbank abandonnaient près de 3%.

Le mouvement de défiance de la part des investisseurs envers ces valeurs, considérées comme très risquées, s'accentue, selon les opérateurs boursiers.

"Rien d'étonnant", indique Christian Parisot, économiste chez Aurel. "Le marché attend avant tout une réponse de l'Europe à la crise de la dette. C'est la seule chose qui intéresse les investisseurs et tant que les dirigeants ne se mettront pas d'accord, les banques seront attaquées", souligne-t-il.

Pour l'heure, de fortes divergences persistent au sein de l'Europe, en particulier entre l'Allemagne, qui veut voir les banques participer au plan d'aide à Athènes, et la Banque centrale européenne (BCE) qui exclut tout défaut de la Grèce.

Nerveux, les investisseurs se ruaient sur les placements réputés plus sûrs comme l'or. Conséquence: le métal précieux a atteint lundi un nouveau record historique en dépassant pour la première fois la barre des 1.600 dollars l'once.

Sur le marché des changes, c'est le franc suisse qui bénéficiait de cette aversion au risque. La devise helvétique s'est échangée à 1,1404 franc pour un euro, un nouveau record face à la monnaie unique.

L'euro poursuivait son repli face au dollar, valant 1,4089 dollar contre 1,4156 dollar vendredi soir.

Les marchés asiatiques, après avoir résisté en début de séance, ont fini par céder à la morosité générale: Hong Kong a perdu 0,32% et Shanghai 0,12%. Tokyo était fermée en raison d'un jour férié au Japon.