Les Bourses mondiales s’enfoncent, minées par la crise de la dette

 Les Bourses mondiales, déjà très nerveuses, accusaient le coup vendredi après la menace de Moody's d'abaisser la note de la dette espagnole, qui relance les craintes sur la crise de la dette en zone euro, et après les chiffres très décevants de la croissance américaine."Il s'agit d'une très mauvaise nouvelle. On s'attendait à ce que les agences de notation continuent à mettre la pression sur la Grèce, mais on pensait que les autres pays comme le Portugal, l'Italie ou l'Espagne allaient enfin un peu respirer", a commenté un analyste parisien.

L'agence de notation Moody's a menacé vendredi matin d'abaisser d'un cran la note de la dette espagnole, actuellement à "Aa2", évoquant "une vulnérabilité croissante à la tension du marché".

L'agence estime que la pression sur Madrid pourrait être exacerbée par l'accord européen d'aide à la Grèce, qui a "créé un précédent" en impliquant le secteur privé et marqué un accroissement du risque pour les investisseurs détenteurs d'obligations de pays fragiles de la zone euro.

A 14H00 GMT, Paris reculait de 1,98%, Francfort de 1,26%, Londres de 1,43% et Madrid de 1,13%. Sur une semaine, elles ont perdu entre 2 et 5%.

Cet avertissement replonge les marchés dans les tourments de la crise de la dette qui les fait tanguer depuis des mois, alors que les investisseurs sont toujours préoccupés par l'autre problème de dette du moment, celle des Etats-Unis.

Dans ce contexte déjà difficile sont venus s'ajouter les chiffres de la croissance américaine, largement inférieurs aux attentes: elle a très nettement ralenti en 2011, pour s'établir à 1,3% en rythme annuel au deuxième trimestre, là où les économistes tablaient sur 1,8%.

Accablée par ces mauvaises nouvelles, la Bourse de New York a ouvert en nette baisse: le Dow Jones perdait 1,01% et le Nasdaq 1,11%.

Discours très attendu, le président des Etats-Unis Barack Obama devait s'exprimer vendredi à propos de la crise politique sur le relèvement du plafond de la dette, au lendemain du report d'un vote à la Chambre des représentants.

Après l'accord des chefs d'Etat et de gouvernements de la zone euro pour un nouveau plan d'aide à la Grèce le 21 juillet, les places financières avaient bien réagi mais l'optimisme est vite retombé.

"L'accord européen n'a pas du tout réussi à calmer les esprits. Les risques de contagion sont toujours là et la boîte de Pandore est ouverte puisque les dirigeants européens ont accepté l'idée qu'un Etat de la zone euro pouvait désormais être en défaut de paiement", a commenté l'analyste parisien.

L'euro, pénalisé en début d'échanges par ces craintes de contagion, remontait face à un dollar plombé par les chiffres du PIB américain: vers 14H00 GMT, la devise européenne valait 1,4374 dollar contre 1,4324 dollar jeudi soir.

Autre signe d'une défiance des investisseurs qui se généralise, les taux des obligations des pays fragiles de la zone euro ont encore progressé, leur imposant des coûts de financement astronomiques. L'Espagne a vu ses taux à dix ans repasser au-dessus des 6%.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent en ce moment pour les marchés qui continuent à avoir des sueurs froides au sujet de la dette américaine puisque les discussions entre les responsables politiques américains sur le relèvement du plafond de la dette avant la date butoir du 2 août sont toujours dans l'impasse. Après cette date, le pays risque en effet d'être en situation de défaut de paiement.

En Asie, Tokyo a reculé de 0,69%, Hong Kong de 0,58% et Shanghai de 0,26%.