Les Bourses européennes creusent leurs pertes sans illusions sur la rencontre Sarkozy/ Merkel

 Les Bourses européennes creusaient leurs pertes mardi matin, pâtissant du brusque ralentissement de la croissance en Allemagne et en Espagne et ne se faisant guère d'illusions sur l'issue du sommet franco-allemand sur la gouvernance de la zone euro.Vers 10H30 (08H30 GMT), Paris replongeait de 2,27%, Francfort de 2,75%, et Milan de plus de 2%. Vers 10H15 (08H15 GMT), Londres baissait de 1,24%, Madrid de 1,31%.

Lundi, les places européennes avaient signé leur troisième séance de hausse consécutive: Paris avait gagné 0,78%, Londres 0,57%, Francfort 0,41%, Madrid 0,71%, et la Bourse suisse 1,37%.

De son côté, New York avait effacé toutes ses pertes de la semaine dernière en engrangeant 1,90% pour le Dow Jones et 1,88% pour le Nasdaq.

Net changement d'orientation mardi: les Bourses asiatiques les premières se sont montrées très hésitantes. Tokyo a ainsi fini en légère hausse de 0,23% après une séance en dents de scie et Sydney a terminé en légère baisse de 0,86%. Séoul, fermée lundi, faisait figure d'exception en clôturant en forte hausse de 4,83%.

En Europe, les investisseurs ont été douchés par le ralentissement des croissances allemande et espagnole, communiqué avant l'ouverture des marchés.

Le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne n'a augmenté que de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au premier, soit un coup de frein plus brutal que prévu.

Quant au PIB espagnol, il a ralenti au deuxième trimestre, à 0,2% contre 0,3% au premier.

Les marchés n'étaient guère plus emballés par la rencontre entre la chancelière allemande et le président français, prévue à 16H00 (14H00 GMT) au palais de l'Elysée à Paris. "Les marchés attendent un signe très fort: y a-t-il un pilote dans l'avion pour gouverner la zone euro ? Va t-on enfin parler d'une même voix au sein du couple franco-allemand et cesser d'entretenir la cacophonie qui perdure depuis de longs mois et affolent les investisseurs ?", résumait un analyste parisien sous couvert d'anonymat.

Mais les déclarations de Paris comme de Berlin lundi ne laissaient guère de place à un optimisme débridé mardi.

"Il ne faut rien attendre de spectaculaire", a ainsi averti un porte-parole de la chancelière, précisant notamment que la possible création d'euro-obligations "ne jouera aucun rôle" lors de la rencontre. Des députés de son parti (CDU) lèvent néanmoins mardi dans le quotidien Handelsblatt le tabou des euro-obligations, dont, officiellement, Berlin ne veut pas entendre parler.

Lors de ce sommet, il s'agira essentiellement de poursuivre les discussions sur la gouvernance de la zone euro, dans la foulée des décisions prises par les chefs d'Etat et de gouvernement européens fin juillet.

Signe des inquiétudes sur l'issue de la réunion, l'euro reculait, repassant sous la barre de 1,44 dollar, et l'or était en hausse à 1.766,50 dollars l'once contre 1.744,00 dollars lundi soir.