Le patron de la Bundesbank met en garde les Grecs contre une faillite

 Le président de la Banque centrale allemande Bundesbank), Jens Weidmann, a averti la Grèce que si elle ne tenait pas ses promesses envers les institutions internationales, elle irait à la faillite."La capacité de paiement de la Grèce dépend avant tout de l'attitude du gouvernement et de la population", a-t-il déclaré au journal Welt am Sonntag (WamS) à paraître dimanche.

"De vastes aides sont accordées mais sous conditions strictes, comme des privatisations massives et rapides. Si ces engagements ne sont pas tenus, il n'y aura plus de base pour le versement d'aides supplémentaires. La Grèce aurait alors fait ce choix et devrait assumer les conséquences à coup sûr dramatiques d'un défaut de paiement", a mis en garde le chef de la Bundesbank.

"Je ne trouverais pas cela sensé et ce serait sûrement une situation difficile pour les pays partenaires (de la Grèce). Mais l'euro restera stable même dans ce cas", a affirmé M. Weidmann.

Il a néanmoins assuré avoir "beaucoup de compréhension pour les gens mécontents (en Grèce) en ces temps difficiles, et qui le montrent".

"Mais le processus d'adaptation actuel est inévitable pour que la Grèce devienne plus compétitive et remette ses finances en ordre", a argué M. Weidmann.

La dette abyssale de la Grèce se chiffre à près de 350 milliards d'euros.

Pour remonter la pente, Athènes a obtenu en mai 2010 des Européens et du Fonds monétaire international la promesse de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans, sous conditions.

Or selon les experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI, qui reviennent d'une mission à Athènes et dont les conclusions dans un rapport ont filtré ces derniers jours, "la Grèce ne sera probablement pas capable de retourner sur les marchés en 2012".

La zone euro doit décider avant juillet d'un deuxième plan d'aide à Athènes.