Le FMI réuni pour offrir un court répit à la Grèce

 Le Fonds monétaire international réunit vendredi son conseil d'administration pour débloquer la cinquième tranche de son prêt à la Grèce, une somme qui n'offrira qu'un court répit au pays et à ses créanciers.La réunion a commencé à 10H00 (14H00 GMT) à Washington.

Le conseil d'administration ne se réunissant jamais avant d'avoir trouvé un accord de principe, le résultat est connu d'avance: le FMI déboursera une tranche d'un montant prévu de 3,3 milliards d'euros, selon l'échéancier publié à l'époque où le FMI avait accordé un prêt de 30 milliards, en mai 2010.

Cette décision est la suite logique du versement de la tranche de l'aide européenne auquel les ministres des Finances de la zone euro ont donné leur accord samedi. Une somme de 8,7 milliards d'euros a été promise.

Mais Athènes n'apparaît pas sauvé, loin de là. Les échéances auxquelles l'Etat doit faire face ces prochaines années devraient rendre le plan actuel de 110 milliards d'euros insuffisant.

La Grèce était en effet censée retourner début 2012 sur le marché des emprunts à long terme mais devrait, selon toute vraisemblance, en être incapable. La méfiance qu'elle inspire aux investisseurs lui imposerait des taux d'intérêt impossibles.

La nouvelle directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, qui a pris ses fonctions mardi, a été peu diserte sur ce sujet épineux.

"Je vais vous décevoir parce que vous allez poser beaucoup de questions sur la Grèce mais vous aurez des réponses soit élusives, soit aseptisées, tout simplement parce que le sujet est sous revue", disait-elle mercredi.

"Il est clair que c'est une question au sommet de notre ordre du jour, sur lequel nous allons continuer à travailler dans le cadre de la troïka [FMI, Commission et Banque centrale européennes, ndlr], comme cela a été le cas jusqu'ici, en gardant à l'esprit le but ultime que nous recherchons, qui est de restaurer la compétitivité du pays", ajoutait-elle.

Reste à savoir comment y parvenir. Pour réduire le fardeau de la dette de l'Etat, quelle forme de "participation" demander aux créanciers privés sans que la Grèce ne soit sanctionnée par les agences de notation? Dans le cadre contraignant de la zone euro, quelles mesures adopter pour aider les exportations?

La première question doit être débattue lundi à Bruxelles par les ministres de l'Eurogroupe.

Le communiqué publié par le FMI vendredi après le vote du conseil d'administration devrait donner quelques indications sur la façon dont l'institution évalue les progrès de la Grèce ces derniers mois.

Plus important est le rapport d'étape des services du Fonds sur le programme grec. Il contient les prévisions économiques et budgétaires actualisées, une appréciation sur la conjoncture, des éléments comme l'estimation de la surévaluation de l'euro pour la Grèce (entre 20 et 34% en mars) et quelques recommandations sur la suite.

L'institution n'a pas précisé à quelle date elle comptait publier ce rapport, mais traditionnellement elle n'attend que quelques jours après les réunions du conseil d'administration.

En juin, le FMI avait évité la traditionnelle conférence de presse de fin de mission de la troïka à Athènes.

La dernière, le 11 février, avait provoqué un psychodrame: les représentants du Fonds et de l'Europe avaient annoncé, sans en référer au gouvernement grec, une nette augmentation des privatisations à venir. Celui-ci avait vigoureusement protesté, avant de reprendre l'objectif de 50 milliards d'euros à son compte.

La Grèce était lestée fin mars d'une dette publique de 354,5 milliards d'euros. Selon le FMI, la dette qu'elle doit refinancer cette année représente 24% de son produit intérieur brut, le pourcentage le plus élevé au monde après le Japon et les Etats-Unis.