La Poste française est aussi victime de la crise grecque

 A l'instar des grandes banques françaises, La Poste a subi au premier semestre les contrecoups de la crise grecque: son bénéfice net a plongé en raison d'une provision prise par sa filiale bancaire, alors même que son activité à problèmes, le courrier, avait limité les dégâts.Au premier semestre, son bénéfice net a chuté de 21,2% par rapport à la même période en 2010, à 377 millions d'euros, a annoncé le groupe vendredi.

Cette baisse s'explique par une provision de 158 millions d'euros (soit 104 millions d'euros nets) prise pour prendre en compte la perte de valeur des titres grecs que détient La Banque Postale.

"La seule différence entre 2010 et 2011, c'est l'effet de la provision pour la dépréciation des titres grecs" à la suite du plan de soutien européen à la Grèce, qui a conduit les banques à appliquer une décote aux obligations grecques qu'elles détenaient, assure-t-on à la direction du groupe.

"Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais c'est comme ça", indique la direction, en rappelant que toutes les banques françaises détenaient des titres grecs et qu'elles ont donc toutes dû passer des provisions dans leurs comptes semestriels.

Elles n'ont toutefois pas été touchées de la même façon: BNP Paribas a chiffré l'impact du plan à un demi-milliard d'euros, Société Générale à 268 millions d'euros, le Crédit Agricole à 146 millions et BPCE à 55 millions.

"Après cette provision, notre exposition résiduelle à la Grèce reste extrêmement faible", veut rassurer La Poste, qui par ailleurs souligne que la banque aux dix millions de clients a "des résultats intrinsèques (...) meilleurs que prévu".

Le bénéfice net de La Banque Postale est ainsi "quasiment stable hors la provision grecque", selon La Poste, qui ne donne toutefois pas de chiffres. Ceux-ci seront présentés en détail le 8 septembre.

Pour l'ensemble du groupe, en données comparables et hors impact de la Grèce, le bénéfice net n'aurait reculé que de 2,1% sur les six premiers mois de l'année, souligne-t-il par ailleurs.

Le premier semestre avait pourtant permis au métier historique de La Poste, le courrier, qui souffre depuis des années de la concurrence de l'internet, de souffler un peu.

Ce secteur a ainsi réussi à juguler les baisses dans ses comptes: son chiffre d'affaires est stable (-0,1%) au premier semestre, à 5,94 milliards d'euros, malgré une baisse des volumes de plis échangés de 3,4%.

Ensuite, l'activité de transport et de livraison de colis/express a continué à afficher une "très belle croissance": ses ventes progressent de 7,5% à 2,5 milliards d'euros entre janvier et juin, portées principalement par sa filiale GeoPost.

Le chiffre d'affaires du groupe augmente donc de 1,9% sur un an, à 10,8 milliards d'euros au premier semestre, ce qui l'a amené à confirmer son objectif d'une marge opérationnelle supérieure à 3% pour l'année en cours.

Au premier semestre, celle-ci s'est établie à 4,7%, le résultat d'exploitation atteignant 504 millions d'euros (-25,7% sur un an, et -2,6% en variation comparable).

Quant à la Banque Postale, son produit net bancaire - l'équivalent du chiffre d'affaires - est en hausse de 1,2% à 2,671 milliards d'euros de janvier à juin, une progression bien moins forte qu'il y a un an, où elle avait été de 7,6%.

Pourtant, "on considère qu'on a plutôt bien tenu par rapport à ce qu'on attendait", commente la direction, qui explique en grande partie cet écart par la forte baisse des taux d'intérêt, qui l'affecte d'autant plus qu'elle dispose de beaucoup de liquidités.

"Le rendement de notre portefeuille baisse beaucoup puisque les taux ont été extrêmement bas, c'est logique", assure-t-on.

La Poste a par ailleurs acté vendredi une augmentation de capital de 860 millions d'euros de la Banque Postale "afin de favoriser son développement commercial". Elle est prélevée sur les 2,7 milliards d'euros d'augmentation de capital du groupe souscrite en avril par l'Etat et la Caisse des dépôts.