La Bourse de Paris toujours sous le joug de la dette et des résultats

 Après une semaine de doutes à propos de la zone euro, qui vient ponctuer un mois de juillet noir, la Bourse de Paris veut se rassurer en espérant un accord de dernière minute sur la dette aux Etats-Unis, tout en se préparant aux résultats des banques françaises impliquées dans le dossier grec.Au cours de la semaine écoulée, l'indice parisien a perdu 4,42% et est tombé à 3.672,77 points, accusant cinq baisses consécutives. Le mois de juillet se conclut en fort recul de 7,77%, portant les pertes depuis le 1er janvier à 3,47%.

"Le marché se fait peur parce qu'il y a une accumulation de choses", résume Guillaume Garabédian, gérant d'actions chez Meeschaert Gestion Privée, qui cite les problème de dette aux Etats-Unis et dans la zone euro ainsi que les résultats, autant de thèmes qui domineront l'agenda économique dans les jours à venir.

Pour Arnaud de Champvallier, directeur de la gestion chez Turgot Asset Management, "certains investisseurs baissent les bras et attendent septembre, d'autant que beaucoup sont en vacances".

Depuis l'annonce du plan d'aide à la Grèce, le soulagement a laissé place au doute, les investisseurs s'interrogeant à la fois sur l'implication des créanciers privés et les craintes de contagion à d'autres pays.

Moody's a d'ailleurs averti vendredi qu'elle pourrait abaisser prochainement la note de l'Espagne.

Les stratégistes de BNP Paribas estiment que "quelques incertitudes vont probablement persister à court terme", mais sont "confiants sur le fait qu'à terme les implications du sommet européen seront correctement appréciées".

La réunion de jeudi du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), qui rendra sa décision sur les taux, sera dans ce contexte très attendue.

Si les investisseurs évaluent encore les effets du plan en zone euro, le temps presse aux Etats-Unis où les élus ont jusqu'au 2 août pour relever le plafond de la dette.

"Le pire sera nécessairement évité", juge M. Garabédian, pour qui "le sujet n'est pas temps sur le relèvement du plafond mais de savoir s'ils vont se mettre d'accord sur des mesures pour réduire le déficit budgétaire".

Si les Républicains veulent rogner sur les dépenses, les Démocrates entendent de leur côté en plus augmenter les impôts.

"Plus ils attendent pour se mettre d'accord, plus les agences de notation mettent la pression", rappelle le gérant.

Hormis les angoisses sur la dette, le marché parisien affronte depuis une semaine une avalanche de résultats d'entreprises, qui va se poursuivre en août, d'autant que des poids lourds ont déçu le marché comme Veolia Environnement, Lafarge, Alcatel-Lucent ou Vallourec.

"La différence c'est que désormais il y a quelques déceptions alors qu'au cours des précédents trimestres on n'avait presque que des bonnes surprises", souligne M. Garabédian.

Le marché s'apprête à recevoir les publications de groupes financiers, comme BNP Paribas, Société Générale, Axa, Dexia, Natixis et BPCE, qui vont probablement devoir passer des provisions à cause de la Grèce.

M. de Champvallier rappelle toutefois que "beaucoup de choses ont déjà été prises en compte dans les cours" des valeurs bancaires.

Enfin, la semaine à venir sera très chargée en indicateurs américains, pour lesquels les économistes d'ING "ne sont pas optimistes", d'autant plus que les chiffres du PIB publiés vendredi ont été exécrables.

ING s'attend en particulier à des chiffres décevants en juillet pour les indices ISM d'activité dans l'industrie et les services et pour l'emploi.