La Bourse de Paris termine en baisse de 0,65%, fébrile avant Bernanke

 La Bourse de Paris a terminé dans le rouge jeudi (-0,65%), plombée par différentes rumeurs et par la hausse inattendue des inscriptions au chômage aux Etats-Unis, dans un marché fébrile à la veille d'un discours très attendu du président de la Réserve fédérale américaine.L'indice CAC 40 a cédé 20,55 points à 3.119 points, dans un volume d'échanges de 3,129 milliards d'euros.

"Plusieurs rumeurs ont plombé le marché", raconte Arnaud de Champvallier, gérant d'actions chez Turgot Asset Management

"Des bruits ont d'abord couru sur un éventuel retard dans la mise en place du fonds de soutien européen", ajoute-t-il.

Le 21 juillet, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont prévu de renforcer le rôle du FESF.

Mais ces réformes doivent être ratifiées par les parlements, ce qui fait craindre que le processus ne traîne en longueur.

"Une deuxième rumeur a plombé le marché dans l'après midi, prêtant l'intention à l'Allemagne de généraliser l'interdiction des ventes à découvert,", indique Frédéric Rozier, gérant d'actions chez Messachaert gestion privée.

Berlin a rapidement démenti ce bruit. "Il n'y a pas de plan d'introduire une interdiction en général", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère des Finances. Les ventes à découvert à nu sont interdites outre-Rhin depuis mai 2010, mais les autres restent autorisées.

Les indicateurs n'étaient pas de nature à rassurer. Aux Etats-Unis, les nouvelles inscriptions au chômage ont progressé pour la deuxième semaine de suite, retrouvant leur niveau le plus élevé depuis la mi-juillet.

"Le marché est très fébrile à la veille du discours de Ben Bernanke" qui s'exprimera lors d'une conférence de la banque centrale organisée à Jackson Hole (Wyoming, ouest des Etats-Unis), souligne M. Rozier.

Le secteur bancaire a permis au CAC 40 de limiter ses pertes. Il a été soutenu par la décision du milliardaire américain Warren Buffett d'investir 5 milliards de dollars dans Bank of America. Cette annonce a fait bondir le titre, qui s'envolait de plus de 12% à la Bourse de New York.

Dans le sillage de cette annonce, Crédit Agricole a terminé en hausse de 4,81% à 6,51 euros. La situation en Grèce a affecté comme prévu le résultat de la banque verte au deuxième trimestre, mais le groupe est parvenu à limiter la casse grâce à des performances historiques en matière d'exploitation.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) doit par ailleurs se prononcer après la clôture sur le maintien ou non de l'interdiction des ventes à découvert sur les valeurs financières cotées en France.