La Bourse de Paris se montre incapable de sortir de sa déprime

 La Bourse de Paris a terminé en forte baisse vendredi, perdant 1,92%, le marché ne parvenant pas à rebondir au lendemain d'une lourde chute, en raison de craintes persistantes pour la croissance américaine.L'indice CAC 40 a perdu 1,92% soit 59,05 points à 3.016,99 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,739 milliards d'euros. La veille, il avait dégringolé de 5,48%.

Après avoir perdu plus de 4% dans la matinée sous les 3.000 points, le marché parisien a tenté de rebondir au cours de l'après-midi dans le sillage de Wall Street avec une éphémère incursion dans le vert.

Ces velléités n'ont été couronnées d'aucun succès tant les craintes d'un ralentissement de l'économie mondiale sont vives.

Wall Street a ouvert en baisse, avant de revenir dans le vert puis de faiblir. A 17H52 (15H52 GMT), le Dow Jones perdait 0,19% et le Nasdaq gagnait 0,34%.

"Il n'y a pas d'indicateurs pour permettre au marché de rebondir. Les investisseurs continuent de digérer les mauvais indicateurs américains de la veille", notamment l'activité manufacturière en berne dans la région de Philadelphie, commente Harry Sebag, analyste marchés chez Saxo Banque.

"Certains intervenants rachètent des titres dont la valeur a beaucoup chuté ces derniers jours, ce qui permet de limiter un petit peu la casse", ajoute-t-il.

Premier motif de tension, la peur d'une récession outre-Atlantique.

La banque d'affaires américaine JPMorgan Chase a enfoncé encore un peu plus le clou ce vendredi, abaissant sa prévision de croissance pour les Etats-Unis, pour la fin 2011 et le début de 2012 et avertissant que les risques de récession restent "élevés".

Cette note suit de peu celle de Morgan Stanley, qui a abaissé jeudi ses prévisions de croissance pour l'économie mondiale et voit les Etats-Unis et la zone euro "dangereusement proches de la récession".

Les craintes sur les dettes souveraines européennes restaient également au coeur des préoccupations.

Athènes a accepté de garantir le remboursement de la contribution finlandaise au prêt international de 159 milliards d'euros promis en juillet.

"Que va t-il se passer si tous les Etats de la zone euro demandent des garanties à la Grèce? La réponse est claire: le plan international pour son sauvetage risque de tomber à l'eau", estime un analyste sous couvert d'anonymat et "les tensions repartiront de plus belle".

Face à ces incertitudes sur les dettes des Etats, les doutes sur la capacité des banques européennes à se refinancer commencent à fleurir.

"La crise des finances publiques implique que les politiques budgétaires vont être durablement restrictives dans la (presque) totalité des pays membres de la zone euro", soulignent les analystes d'Aurel BGC.

"Elle engendre un risque de durcissement des conditions de financement de marché, mais aussi bancaires. De l'ampleur de ce dernier mouvement dépendront la durée et la gravité du ralentissement de l'activité économique", ajoutent-ils.

La Banque centrale européenne se veut rassurante. Son économiste en chef, Jürgen Stark, dit "prendre au sérieux" les signaux de tension sur le marché interbancaire européen, tout en assurant que la situation était moins grave qu'en 2008.

L'institut monétaire avait indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi avoir pour la première fois depuis février accordé un prêt, de 500 millions de dollars pour sept jours, à une banque européenne non identifiée, ravivant les doutes des investisseurs.

Les valeurs dites cycliques, très sensibles à la conjoncture, ont été particulièrement malmenées sur fond de craintes de ralentissement économique mondial. Renault a perdu 4,69% à 25,43 euros, Peugeot 4,67% à 18,29 euros, et ArcelorMittal 2,72% à 13,76 euros.

Le secteur bancaire, après sa dégringolade de la veille, a connu une nouvelle séance difficile. BNP Paribas a lâché 4,27% à 32,75 euros, Société Générale 3,38% à 20,87 euros et Crédit Agricole 1,70% à 6,12 euros.