La Bourse de Paris sans grande conviction après la réunion Merkel-Sarkozy

 La Bourse de Paris accueillait sans effusion mercredi matin les annonces de l'Allemagne et la France la veille destinées à renforcer la zone euro, se montrant à la fois rassurée par la volontarisme politique et déçue par le manque de mesures concrètes.A 10H20, le CAC 40 lâchait 0,18% soit 5,83 points à 3.225,07 points, après avoir ouvert en baisse et abandonné mardi 0,25% dans des volumes d'échanges très faibles.

Le marché parisien, qui a fait une incursion dans le vert, était sceptique après la rencontre à Paris entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est conclue mardi soir, après la clôture des marchés européens.

Cette rencontre avait déjà pesé sur Wall Street la veille et sur les marchés asiatiques mercredi matin.

Les investisseurs espéraient une réponse à leurs inquiétudes concernant la crise de la dette en zone euro qui, avec le ralentissement de la croissance américaine, a mis le feu au poudres sur les marchés.

Voulant parler d'une seule voix, l'Allemagne et la France ont annoncé une batterie de mesures: gouvernement économique de la zone euro, "règle d'or" budgétaire, taxe sur les transactions financières, convergence fiscale.

"Comme on pouvait s'y attendre, les mesures envisagées ne sont pas +révolutionnaires+", jugent les économistes du courtier Aurel BGC dans une note, relevant néanmoins qu'"elles n'en sont pas moins significatives sur plusieurs points". Ils citent le fait que les deux dirigeants politiques ont montré leur détermination à défendre l'euro sans faire preuve de mansuétude à l'égard des pays les plus fragiles.

Les deux pays ont notamment proposé que le gouvernement de la zone euro, qui se réunira deux fois par an, soit dirigé par le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, tout en voulant rendre obligatoire la "règle d'or" budgétaire dans toute la zone euro d'ici un an.

Reste que les attentes des marchés sur des décisions concrètes pour faire face à la crise de la dette en zone euro ont été douchées.

"Nous craignons que les investisseurs ne se contentent pas à court terme de ce cadre qui doit par ailleurs être validé par tous les autres pays et qui n'apporte aucune réponse à court terme aux problématiques qui inquiètent les marchés", préviennent les gérants de Barclays Bourse.

L'Allemagne et la France ont en effet écarté un renforcement du fonds de secours européen (FESF) et la création d'euro-obligations, mesures très attendues par les marchés. En l'absence de ces mesures, "les inquiétudes des investisseurs ne vont probablement pas se dissiper de sitôt et la pression pourrait s'accroître à l'encontre des responsables européens", indiquent les stratégistes du Crédit Agricole CIB.

Pour l'heure, le marché parisien tient le coup, mais les analystes n'oublient pas les problèmes persistants qui menacent encore les places boursières.

"Entre les risques sur la dette et la croissance aux Etats-Unis, les sources de volatilité restent nombreuses cette semaine", juge dans une note la société de Bourse Portzamparc.

Parmi les valeurs, l'opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext était pénalisé par le projet de taxe sur les transactions financières, son titre perdant 3,72% à 19,00 euros. Les valeurs bancaires, en première ligne des craintes en zone euro, connaissaient un début de séance difficile. BNP Paribas lâchait 1,81% à 36,82 euros, Crédit Agricole 0,16% à 6,77 euros