La Bourse de Paris rêve d’un compromis européen sur la Grèce pour rebondir

 Embourbée dans le dossier grec, la Bourse de Paris est parvenue in extremis à relever la tête cette semaine, mais va devoir s'en remettre à la bonne volonté des Européens, lors du sommet des 23-24 juin notamment, pour conforter ses maigres gains.Sur la semaine écoulée, le CAC 40 a avancé de 0,49% pour terminer vendredi à 3.823,74 points et a ainsi mis fin à six semaines de baisse consécutive.

Déprimée par des craintes de ralentissement économique aux Etats-Unis et par l'impasse grecque, le marché parisien a vu ce second dossier revenir sur le devant de la scène dès le début de la semaine. La faute aux agences de notation.

Standard & Poor's a en effet abaissé lundi la note de la Grèce à "CCC", faisant ce pays le plus mal noté au monde et, de facto, le plus dangereux en termes de solvabilité. Cette décision a logiquement fait trébucher l'euro, a poussé les rendements sur le marché obligataire à des sommets et mis une nouvelle fois la pression sur la zone euro, sommée de se mettre d'accord.

La pomme de discorde reste la mise à contribution des créanciers privés, sujet sur lequel se déchirent la Banque centrale européenne (BCE) et l'Allemagne, favorable à une implication -même à marché forcée- du privé.

Les atermoiements au sein de la zone euro, qui a repoussé au moins jusqu'en juillet toute décision ferme, ont une nouvelle fois fragilisé les marchés avant que l'Allemagne et la France ne présentent un front uni vendredi.

"Les déclarations des deux pays ont joué un rôle de catalyseur, mais c'est de la poudre aux yeux", a commenté l'analyste Cyril Temin, associé chez Euroland Finance.

Berlin a revu ses ambitions à la baisse en acceptant un compromis pour éviter la banqueroute de la Grèce et une contagion au reste de la zone euro.

Mais "tout n'est qu'incertitude et volatilité! Il n'y a rien qui donne envie aux investisseurs de rentrer sur le marché", a poursuivi M. Temin.

"Etant donné la complexité technique autour de cette question (l'implication des banques, ndlr), les négociations sont particulièrement délicates et nécessitent des délais qui ne correspondent pas à ceux des investisseurs qui attendent des réponses rapides", souligne François Duhen du Crédit Mutuel-CIC.

Dans ce contexte, le sommet européen de jeudi et vendredi devra "offrir à nouveau un visage uni et surtout mettre en place les outils qui permettront de garantir à long terme la solidité de la zone euro", note le stratégiste.

Et "arriver à concilier politique et pragmatisme", soulignent pour leur part les analystes de Crédit Agricole.

Outre la problématique européenne, les investisseurs surveilleront une nouvelle fois les indicateurs américains, afin de jauger si le ralentissement constaté depuis plusieurs semaines est ponctuel ou pérenne.

A ce titre, la publication de la dernière estimation de la croissance du premier trimestre sera un temps fort vendredi et les statistiques immobilières retiendront l'attention.

Dans la zone euro, les indices de confiance, le Zew et l'Ifo, seront suivis.

A moyen terme, le marché risque de se montrer fébrile jusqu'au démarrage de la saison des résultats en juillet, la solidité des entreprises constituant le principal élément de soutien depuis le début de l'année.

D'autant plus que l'été verra aussi la politique accommodante de la banque centrale américaine prendre fin. La réunion de la Fed mercredi prochain ne devrait toutefois pas apporter de nouveautés, selon les analystes.