La Bourse de Paris retrouve quelques couleurs après onze séances de baisse

 La Bourse de Paris a rebondi mardi à la clôture, une première après onze séances de baisse, dans un climat de tension extrême, les seuls espoirs d'apaisement reposant entre les mains de la Réserve fédérale américaine qui tenait dans la soirée une réunion cruciale.L'indice CAC 40 a pris 1,63%, soit 51,00 points, à 3.176,19 points, dans un volume d'échanges très fourni de 7,762 milliards d'euros.

Le marché parisien retrouve quelques couleurs après onze séances de baisse au cours desquelles il a perdu 18,67%. Il reste néanmoins à des plus bas depuis plus de deux ans, alors qu'il évoluait encore au-dessus de 4.000 points début juillet.

Il a évolué dans la matinée dans une fourchette très large, entre +2% et -4%, avant de se stabiliser autour de l'équilibre dans l'après-midi, puis de rebondir dans le sillage de Wall Street.

Parmi les autres places boursières européennes, Francfort a perdu 0,10%, Londres a pris à 1,89% et l'Eurostoxx 50 0,32%.

"Les investisseurs réalisent que les cours des actions sont aberrants et rachètent timidement quelques titres", commente Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.

Il rappelle néanmoins que "même si les choses semblent quelque peu se calmer, on peut dire qu'on a assisté à une véritable capitulation et à un raz de marée qui n'a épargné aucun secteur jusqu'en milieu de séance".

Tous les regards des investisseurs étaient tournés vers la réunion de la Réserve fédérale américaine dont le communiqué était attendu à 20H15, heure de Paris (18H15 GMT).

Le marché espère un nouveau cycle d'assouplissement monétaire, à savoir une injection de liquidités dans le système financier, pour soutenir la croissance américaine.

"Les attentes vont être fortes. La banque centrale doit rassurer les investisseurs mais elle dispose de peu de marge" car elle est limitée dans son action par la détérioration des finances publiques américaines, souligne Christian Parisot, économiste pour le courtier Aurel.

L'affolement s'est installé sur les marchés depuis l'abaissement par l'agence de notation Standard & Poor's de la note américaine.

Les nombreux appels au calme des dirigeants politiques n'ont pas réussi pour l'heure à calmer l'incendie.

Le président américain Barack Obama a pourtant tenu un discours volontariste lundi soir, défendant le statut des Etats-Unis et assurant que l'Amérique mériterait toujours d'être notée "AAA".

Plus que la dégradation de la note souveraine américaine, c'est le ralentissement de l'économie mondiale qui inquiète le marché, commentent les stratégistes de BNP Paribas.

La cacophonie qui perdure en zone euro reste aussi une source de tension très importante.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn et le ministre français de l'Economie et des Finances François Baroin ont récemment appelé à "réévaluer" le montant du fonds européen de secours (FESF), actuellement doté de 750 milliards d'euros.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, s'est contenté d'appeler pour sa part les gouvernements européens à "faire leur travail" concernant la réduction de leurs déficits.

La majorité des valeurs ont rebondi mardi à l'image de celles qui avaient le plus souffert la veille, comme Alcatel-Lucent (+9,22% à 2,43 euros) et Société Générale (+3,54% à 26,02 euros).

Parmi les rares valeurs à avoir vécu une séance difficile, figurent notamment les plus défensives, moins sensibles à la conjoncture, comme Danone (+0,13% à 46,50 euros) ou France Télécom (-2,23% à 12,91 euros).