La Bourse de Paris rebondit dans la douleur au lendemain d’une séance noire

 La Bourse de Paris a terminé sur un fort rebond jeudi, gagnant 2,89% à 3.089,66 points, après une journée marquée par des variations erratiques où le CAC 40 est passé sous la barre des 3.000 points, au lendemain d'une séance noire.L'indice CAC 40 a gagné 86,67 points à 3.089,66 points, dans un volume d'échanges très fourni de 7,644 milliards d'euros.

Le marché parisien a évolué en dents de scie depuis l'ouverture, tentant un rebond dans la matinée avant de fléchir de plus de 2% puis de se reprendre, soutenu par la hausse de Wall Street. Il avait chuté de 5,45% mercredi.

"Ce sont des marchés très sensibles qui réagissent à toutes les informations possibles", a observé Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

Selon lui, le marché a profité de l'annonce d'une rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel mardi prochain à Paris pour évoquer la réforme de la gouvernance de la zone euro.

Le vendeur d'actions a indiqué également que des informations de presse suggérant une possible interdiction des ventes à découvert dès jeudi soir à Paris ont permis aux valeurs bancaires de se reprendre.

"Cela va calmer un peu la pression avec certains investisseurs qui vont être obligés de racheter des valeurs financières", a-t-il souligné.

La vente à découvert est un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter une action dont on pense que le prix va baisser et à la vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur. Cette pratique est régulièrement accusée de précipiter la chute des titres les plus fragiles et d'accroître la volatilité des marchés.

Société Générale a pris 3,70% à 23,00 euros, après s'être effondrée la veille. Crédit Agricole, autre victime mercredi, a gagné 5,14% à 6,39 euros.

BNP Paribas a fait moins bien, ne prenant que 0,31% à 35,72 euros.

Les valeurs bancaires ont imité l'indice dans ses mouvements brusques, incapables de conserver durablement une direction, avant de se ressaisir en fin de séance.

De nouveaux bruits ont couru de nouveau sur les marchés, l'un évoquant une provision supplémentaire de BNP Paribas sur la Grèce, après ceux qui avaient attisé l'affolement mercredi.

Surtout, depuis la veille, "la plus petite rumeur fait chuter le marché et certaines valeurs dans des proportions délirantes", a souligné Waldemar Brun-Theremin, gérant d'actions chez Turgot Asset Management.

"En attendant Bank of America a dégradé l'ensemble du secteur bancaire européen, ce qui ravive les tensions", selon Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

Société Générale a respiré un peu après avoir perdu plus de 14% mercredi. Le PDG de la banque, Frédéric Oudéa, a affirmé que la Grèce et l'Italie étaient des enjeux "minimaux" pour son groupe.

La veille, la société avait formellement démenti les rumeurs la donnant au bord du gouffre financier, et avait demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'enquêter sur le sujet.

De son côté, dans un communiqué, l'AMF a affirmé que le marché était perturbé par des "rumeurs infondées concernant les valeurs financières". Elle a rappelé que "la diffusion d'informations infondées est susceptible de sanctions" tout comme "le fait d'en tirer profit".

Pour tenter d'apaiser les esprits, les dirigeants politiques sont une fois de plus montés au créneau.

Paris et Rome ont essayé de rassurer les investisseurs sur leur détermination à maîtriser leurs budgets. Le gouvernement français promet, le 24 août, des annonces pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit, indispensables pour conserver sa note "AAA".

En Italie, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi s'est engagé pour sa part à adopter au plus tard le 18 août de nouvelles mesures d'austérité destinées à revenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 en économisant 20 milliards d'euros supplémentaires.

"Mais il est difficile de voir ce qui peut renverser la tendance (très pessimiste, NDLR) à court terme", soulignent les analystes de BNP Paribas.