La Bourse de Paris profite du rebond du secteur bancaire

 La Bourse de Paris se reprenait nettement vendredi, après une semaine chaotique, profitant du rebond du secteur financier et d'un indicateur économique américain rassurant les investisseurs.Le CAC 40, après avoir cédé jusqu'à 2% en matinée, reprenait des couleurs au fil de la journée. A 16H07 (heures françaises), l'indice s'adjugeait 2,35% à 3.162,69 points, dans un volume d'échanges de 3,190 milliards d'euros, après une ouverture de Wall Street dans le vert.

Au même moment, le Dow Jones prenait 0,41%, tandis que le Nasdaq reculait de 0,11%.

Les investisseurs achetaient massivement des valeurs du secteur financier, devenues des bonnes affaires après leurs chutes vertigineuses de mercredi. Ainsi, Société Générale, après un recul de près de 5% dans la matinée, prenait 2% à 23,46 euros et BNP Paribas 2,56% à 36,63 euros.

Le marché parisien a également bien accueilli un indicateur américain: les ventes de détail outre-Atlantique ont affiché une nette hausse en juillet, en ligne avec les prévisions des analystes.

Le CAC 40 a néanmoins un peu réduit ses gains après une autre statistique plus inquiétante. La confiance des consommateurs américains a atteint son plus bas niveau historique. Cet indice, publié par l'université du Michigan, s'est établi à 54,9, alors que les analystes tablaient sur une baisse moins marquée, à 62,5.

Par ailleurs, pour tenter de calmer les mouvements erratiques des marchés et tout particulièrement des valeurs bancaires, provoqués en partie par les ventes à découvert, plusieurs pays ont adopté des mesures d'interdiction.

Ce mécanisme spéculatif consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l'espoir d'empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Jeudi, l'Autorité des marchés financiers, gendarme de la Bourse, l'avait interdit sur les valeurs financières cotées à Paris pour une durée de 15 jours.

Sont concernées par l'interdiction Axa, April Group, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Paris Ré, Scor et Société Générale, a précisé l'AMF.

L'Union européenne s'est dit pour sa part près de conclure un accord pour créer un cadre harmonisé sur les ventes à découvert.

En début de séance, le marché avait été affecté par l'annonce d'une stagnation du produit intérieur brut (PIB) français au deuxième trimestre.

Ce chiffre confirme une nette décélération de l'activité alors que la Banque de France s'attendait à une croissance de 0,2% pour ce trimestre.

C'est "évidemment une mauvaise nouvelle" qui "reflète l'atonie de la quasi-totalité des composantes de la demande intérieure", souligne Camille de Williencourt chez Natixis. Ces chiffres "sont particulièrement inquiétants dans le contexte actuel de forte instabilité sur les marchés financiers".

Le ministre français de l'Economie, François Baroin, s'est toutefois voulu rassurant, affirmant que pour 2011, la croissance serait "en ligne" avec l'objectif que s'est fixé le gouvernement, soit 2%.

Tous les regards sont désormais tournés vers les rencontres entre dirigeants européens, prévues la semaine prochaine. Confrontés à la tempête sur les marchés mondiaux, l'Union européenne a en effet été contrainte d'accélèrer son calendrier.

Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel vont travailler dès mardi à l'élaboration de "propositions communes concernant la réforme de la gouvernance de la zone euro", lors d'une réunion à Paris.