La Bourse de Paris poursuit sa dégringolade

 La Bourse de Paris s'enfonçait dans le rouge mardi matin (-3,04%), dans un climat extrêmement nerveux avant une réunion cruciale de la Réserve fédérale américaine qui dispose d'une faible marge de manoeuvre pour stopper l'hémorragie qui touche les marchés financiers.Après avoir ouvert dans le vert, le CAC 40 s'est très rapidement retourné et n'a pas cessé ensuite de creuser ses pertes. A 10H50 (08H50 GMT), l'indice cédait 95,02 points à 3.030,17 points.

"C'est une véritable capitulation, un raz-de-marée, aucun secteur n'est épargné. Rien ne semble arrêter la panique", commente Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.

Tous les regards sont désormais tournés vers la réunion de la Réserve fédérale américaine dont le communiqué est attendu à 18H15 GMT.

"Les attentes vont être fortes sur son communiqué final. La banque centrale doit rassurer les investisseurs mais elle dispose de peu de marge" car elle est limitée dans son action par la détérioration des finances publiques américaines, souligne Christian Parisot, économiste pour le courtier Aurel.

L'injection de nouvelles liquidités demandée par les investisseurs pour soutenir l'économie sera ainsi très difficile à justifier auprès du premier créancier des Etats-Unis, la Chine, et pourrait générer d'importantes tensions diplomatiques avec Pékin.

Un nouveau programme d'assouplissement monétaire ne serait donc pas la solution. Le dernier cycle est d'ailleurs loin d'avoir prouvé son efficacité sur les derniers mois, soulignent plusieurs experts.

L'urgence est en tous les cas au rendez-vous.

Lundi, les Bourses mondiales ont dévissé. Paris a vécu une journée noire, cédant 4,68%. Wall Street a connu sa pire séance depuis décembre 2008. Le Dow Jones a abandonné 5,55% pour finir à moins de 11.000 points, pour la première fois depuis dix mois.

La panique s'est installée depuis l'abaissement vendredi par l'agence de notation Standard & Poor's de la note américaine, suivie de celle des organismes parapublics de refinancement des prêts immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac et de banques, assureurs et investisseurs.

Les nombreux appels au calme des dirigeants politiques n'ont pas réussi à calmer l'incendie.

Le président américain Barack Obama a pourtant tenu un discours volontariste depuis la Maison Blanche lundi soir, défendant le statut des Etats-Unis et assurant que l'Amérique mériterait toujours d'être notée "AAA".

"La bonne nouvelle, c'est que les problèmes économiques peuvent être résolus rapidement et que nous savons ce que nous devons faire pour les résoudre", a-t-il assuré, indiquant qu'il ferait ses propres recommandations dans "les prochaines semaines".

Mais ces déclarations n'ont pas rassuré.

Ce qui inquiète avant tout ce n'est pas tant la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis que le ralentissement de l'économie mondiale, commentent les stratégistes de BNP Paribas.

La cacophonie qui perdure en zone euro reste aussi une source de tension très importante.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn ont récemment appelé à "réévaluer" le montant fonds européen de secours (FESF), tout comme le ministre français de l'Economie et des Finances François Baroin.

Mais les Pays-Bas ont mis en garde contre une telle opération qui pourrait avoir "des conséquences sur la solvabilité des Etats membres qui se portent garants".

Créé en 2010 pour venir en aide à l'Irlande puis au Portugal, le FESF est actuellement doté de 750 milliards d'euros, avec une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros.

Du côté des valeurs, GDF Suez après avoir ouvert dans le vert reculait de 2,37% à 19,35 euros. Le groupe a conclu un accord avec le fonds souverrain chinois CIC qui porte notamment sur l'entrée de CIC au capital du pôle exploration-production du Français.

Euro Disney qui avait commencé la séance en hausse de plus de 6% était désormais à l'équilibre. Le groupe a publié un chiffre d'affaires pour ses parcs de loisirs et ses hôtels en hausse de 7% grâce à une meilleure fréquentation.