La Bourse de Paris en baisse, déçue par l’absence d’avancées sur la Grèce

 La Bourse de Paris a terminé lundi en baisse (-0,63%), déçue par le manque d'avancées sur le dossier grec lors de la réunion des ministres européens des Finances, dans un marché très peu animé en l'absence de catalyseurs économiques.Le marché parisien, qui a ouvert avec une heure de retard en raison de problèmes techniques, est resté figé dans le rouge pendant toute la séance. Il a cédé à la clôture 24,08 points à 3.799,66 points dans un volume d'échanges très peu nourri de 2,57 milliards d'euros.

Sur les autres places en Europe, Francfort a perdu 0,19%, Londres 0,38% et l'Eurostoxx 50 0,80%.

"Il y a une déception nette sur la Grèce. Les investisseurs espéraient au moins un accord a minima au sein de l'Eurogroupe sur la cinquième tranche d'aide qui devrait être octroyée au pays et ils n'ont même pas obtenu cela", a souligné Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.

Sans le versement d'au moins une partie de cette cinquième tranche de 12 milliards d'euros --sur les 110 milliards débloqués en mai 2010 par l'Europe et le FMI-- le pays est exposé à un défaut de paiement.

Un accord éventuel ne devrait désormais pas intervenir avant le 3 juillet, date à laquelle le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a convoqué une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro. Il espère que, d'ici là, le Parlement grec aura adopté le nouveau plan d'austérité controversé du gouvernement que les bailleurs de fonds internationaux du pays ont posé comme condition à tout versement d'argent frais à Athènes.

Le marché s'impatiente. "Mettre en place un plan structurel de relance économique est extrêmement complexe et nécessite de longues négociations, ce qui est l?opposé des besoins des investisseurs qui attendent juste un engagement rassurant", soulignent les stratégistes du Crédit Mutuel-CIC.

Les ministres européens des Finances se sont en revanche mis d'accord sur la création d'un fonds de soutien permanent doté d'une capacité de prêt de 500 milliards d'euros pour les pays de la zone euro en difficulté financière. Cette annonce a permis au marché parisien de reprendre quelques couleurs dans l'après-midi.

Du côté des valeurs, le secteur financier a été la première victime des incertitudes qui perdurent sur le dossier grec. Axa a cédé 1,32% à 15 euros, Crédit Agricole 0,99% à 10 euros, BNP Paribas 0,86% à 51,75 euros et, hors CAC 40, la banque franco-belge Dexia a perdu 2,24% à 2,23 euros.

Société Générale a, pour sa part, reculé de 0,83% à 38,76 euros malgré l'annonce de Fitch Ratings. L'agence d'évaluation financière a confirmé les notes de la banque --en dépit de l'importance de ses engagements en Grèce et en Roumanie et d'une relative faiblesse de ses fonds propres-- au regard de l'importance de ses activités de marché.

Carrefour a reculé de 1,58% à 26,85 euros à la veille d'une assemblée générale où les actionnaires doivent se prononcer sur le projet de scission totale de la filiale de hard discount du distributeur Dia. UBS a par ailleurs abaissé de 27 à 24 euros son objectif de cours sur le titre, selon une source de marché.

EADS a perdu 0,84% à 21,26 euros, les investisseurs prenant davantage en compte les retards annoncés pour deux des trois versions du long-courrier d'Airbus, l'A350, que les importantes commandes fermes obtenues par l'avionneur au premier jour du Salon du Bourget (142 appareils pour un montant de 15,1 milliards de dollars).

Hors CAC 40, Areva a cédé 3,91% à 25,53 euros. Le conseil de surveillance du groupe se réunira mardi pour prendre acte de la future nomination de Luc Oursel à la tête de la société en remplacement d'Anne Lauvergeon.