La Belgique en crise réduit ses déficits et obtient les lauriers de l’OCDE

 Le gouvernement belge en affaires courantes a revu mardi à la baisse sa prévision de déficit public pour 2011, à 3,3% du PIB, et récolté les félicitations de l'OCDE pour sa politique économique, alors que le pays traverse paradoxalement une crise politique historique.Cette évolution du déficit, qui était jusqu'ici estimé à 3,6% du Produit Intérieur Brut (PIB) est due notamment à une amélioration des comptes de la Sécurité sociale du pays, a indiqué le Premier ministre Yves Leterme, démissionnaire depuis avril 2010 mais qui reste aux commandes dans l'attente de la formation d'un nouveau gouvernement.

La Belgique fait partie des pays placés dans le collimateur des agences de notation au sein de la zone euro, en raison de l'ampleur de sa dette et de la crise politique qui y sévit.

"Nous pouvons dire d'ores et déjà que la Belgique pourra conclure l'exercice budgétaire 2011 sur un déficit moindre de l'ordre d'un milliard d'euros, ce qui représente une amélioration de 0,3 points du PIB" par rapport à la prévision précédente, a déclaré Yves Leterme.

"Aujourd'hui, déjà, nous allons exécuter la recommandation de l'OCDE", s'est félicité M. Leterme.

Cette organisation internationale préconise pour la Belgique un assainissement budgétaire représentant au moins 0,75% du PIB par an.

"Nous avons la situation sous contrôle d'un point de vue budgétaire", a ajouté le Premier ministre, estimant toutefois "qu'il est clair qu'il y a des réformes structurelles à mettre en oeuvre".

La Belgique a, à plusieurs, reprises, été avertie par les agences de notation qu'elle risquait de voir sa note dégradée si la crise politique dans laquelle est plongée le pays se poursuivait.

Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria, qui présentait à Bruxelles la dernière étude de son institution sur la Belgique, a "félicité" le pays pour "les progrès accomplis depuis deux ans".

"La Belgique a relativement bien surmonté la crise mondiale, avec une hausse du chômage inférieure à la moyenne de l'OCDE et une reprise économique plus soutenue que dans la zone euro", a souligné l'économiste mexicain.

"Les perspectives économiques relativement favorables devraient contribuer à garantir la viabilité des finances publiques, mais elles ne seront toutefois pas suffisantes, si bien que de nouveaux efforts doivent être consentis", a ajouté M. Gurria, qui s'exprimait juste avant que M. Leterme n'annonce la révision à la baisse du déficit public pour 2011.

Dans son étude, l'OCDE ne s'inquiète pas de l'absence de gouvernement de plein exercice en Belgique, plus d'un an après les élections du 13 juin 2010, en raisons des divisions entre Flamands et francophones au sujet de l'avenir du pays.

"Vous avez un gouvernement, vous êtes capables de prendre les décisions dans les délais prévus", a lancé M. Gurria.

Le patron de l'OCDE a pris le contre-pied des partis belges qui discutent, sous la pression de la Flandre, de transferts massifs de nouvelles compétences vers les régions belges. Il a insisté sur le "besoin de coordination" entre l'Etat fédéral et les régions, ainsi que sur les moyens financiers dont devra disposer l'Etat central pour faire face aux défis liés au vieillissement de la population.

Il a aussi prôné une "réflexion" sur le système belge d'indexation automatique des salaires, auquel les syndicats sont très attachés mais qui, selon l'OCDE, nuit à la compétitivité de l'économie belge dans un contexte de "concurrence brutale" avec les pays voisins.