La BCE prête à racheter de la dette espagnole et italienne, selon François Baroin

 La Banque centrale européenne (BCE) est prête à racheter de la dette espagnole et italienne, si des investisseurs se retirent, a indiqué lundi sur Europe 1 le ministre français de l'Economie François Baroin.Les annonces ce week-end par l'Italie et l'Espagne de mesures budgétaires ont "permis à la BCE de considérer que, allant dans la bonne direction, il était légitime de les aider", a relevé M. Baroin lundi matin.

Du coup, "la BCE, dans sa souveraineté (...), a annoncé sans ambiguïté son intervention pour racheter les dettes italienne ou espagnole si d'aventure il doit y avoir des investisseurs qui se retiraient", a-t-il précisé.

La BCE a annoncé jeudi la reprise de son programme de rachat d'obligations, adopté à l'automne 2010 face aux graves difficultés de la Grèce, mais en sommeil depuis plus de quatre mois. Cependant, son président Jean-Claude Trichet avait refusé de dire si les obligations espagnoles et italiennes étaient concernées.

"Il y a une tension des dettes, nous avons un devoir, une obligation, une exigence de revenir à un niveau de déficit acceptable", a souligné M. Baroin, estimant que cette situation était une "cicatrice de la grande crise de 2008/2009 qui fait que les Etats, pour sauver l'économie mondiale, ont pris sur leurs épaules le fardeau de la dette des privés".

"C'est comme ça qu'on a sauvé les banques (...), les acteurs qui permettaient aux entreprises d'investir et de trouver l'argent pour financer leur développement et qui permettaient aux particuliers de préserver leurs économies", a-t-il ajouté.

Il a également affirmé qu'il ne fallait avoir "aucun doute sur la détermination que l'accord du 21 juillet va devenir une réalité". Cet accord européen porte sur le sauvetage de l'économie grecque et de la zone euro.

En ce qui concerne la perte vendredi par les Etats-Unis de la meilleure note "AAA" chez l'agence Standard and Poor's, le ministre français a déclaré: "Il ne faut pas s'arrêter sur une décision d'une agence de notation parmi d'autres".

Et de relever que les chiffres présentés par l'agence de notation étaient "sujets à caution. Là aussi, il faut garder ses distances et garder la tête froide".

"Il faut être moins dépendant (de ces agences). Mais ça ne sert à rien de taper les agences de notation", a-t-il estimé.