L’Europe repousse à plus tard la finalisation d’un nouveau plan d’aide grec

 L'Europe et le FMI ont ouvert la voie jeudi au versement rapide d'argent frais à la Grèce, mais la finalisation d'un nouveau plan d'aide sur le long terme pour éviter la banqueroute au pays a été repoussée à plus tard en raison de divergences sur ses modalités.Aux prises avec une grave crise politique, qui menace son gouvernement, le Premier ministre grec Georges Papandréou va pouvoir au moins compter sur le versement très attendu au début du mois prochain de 12 milliards d'euros de prêts de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international.

"Je suis confiant dans le fait que dimanche prochain l'Eurogroupe (le forum des ministres des Finances de la zone euro qui se réunira à Luxembourg, NDLR) sera en mesure de décider du versement de la cinquième tranche des prêts à la Grèce pour début juillet", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

A Washington, le FMI a conditionné la poursuite de son soutien à l'adoption de mesures d'austérité et de réformes économiques promises par Athènes.

Mais dans le même temps, a ajouté l'institution, "les discussions en vue d'assurer un financement complet du programme (d'aide à la Grèce) progressent, et nous anticipons une issue heureuse à ce sujet lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe", a-t-il expliqué.

Autrement dit, le FMI se prépare à verser début juillet sa part (3,7 milliards d'euros) dans la tranche de prêts promis. Ce versement fait partie de l'enveloppe de 110 milliards d'euros sur trois ans promise à la Grèce en 2010 par le FMI et les Européens.

"Cela signifie que le financement de la dette souveraine grecque peut maintenant être garanti jusque septembre", a dit M. Rehn.

Deux négociations sont actuellement menées en parallèle.

La première vise à débloquer début juillet la tranche de prêts de 12 milliards d'euros. Chaque versement est conditionné à un examen scrupuleux de la situation de la Grèce.

La deuxième, plus large, porte sur un nouveau plan de soutien de long terme au pays car les prêts promis l'an dernier ne suffisent déjà plus. Il complèterait le premier ou s'y substituerait. Un chiffre tournant autour de 100 milliards d'euros est évoqué.

Pendant longtemps, le FMI a exigé que cette deuxième négociation soit d'abord bouclée par les Européens pour pouvoir régler la première, afin de disposer de garanties.

Désormais, le Fonds semble prêt à aller de l'avant avec une promesse des Européens qu'ils boucleront dans les semaines suivantes le nouveau plan d'aide pour la Grèce.

Car les pays européens sont divisés sur les modalités de ce coup de pouce et la participation des banques créancières de la Grèce à l'effort. Ils ont besoin de temps pour régler leurs différends.

Alors qu'à l'origine un accord était escompté pour la fin juin, les ministres européens des Finances vont se retrouver dimanche et lundi à Luxembourg pour "discuter" seulement "du contenu et des conditions d'un nouveau programme pour la Grèce, et de la nature de la participation du secteur privé, avec l'objectif de prendre des décisions à la prochaine réunion de l'Eurogroupe le 11 juillet", a déclaré M. Rehn.

Selon un diplomate européen, le plan pourrait n'être même finalisé dans le détail qu'à la rentrée de septembre.

"Aujourd'hui, la priorité c'est de lever les obstacles au versement de la prochaine tranche de prêts. Pour cela, nous devons nous mettre d'accord sur les grandes lignes et le cadre d'un nouveau programme" de soutien, a indiqué à l'AFP ce diplomate européen.

La finalisation du plan "devrait intervenir d'ici au plus tard septembre, avant le versement de la prochaine tranche de prêts" à la Grèce prévue à l'automne, a-t-il dit.