L’euro accélère sa hausse et franchit 1,44 dollar, dans un marché optimiste

 L'euro accélérait sa forte hausse jeudi, franchissant brièvement le seuil de 1,44 dollar, toujours soutenu par les premières indications sur le projet d'accord au sommet de Bruxelles, qui prévoit notamment d'allonger la durée des prêts aux pays de la zone euro en difficulté.Vers 14H30 GMT (16H30 à Paris), la monnaie unique européenne est montée jusqu'à 1,4402 dollar, son plus haut niveau depuis deux semaines, contre 1,4212 dollar mercredi vers 21H00 GMT. Vers 14H50 GMT, elle évoluait autour de 1,4378 dollar.

La monnaie unique européenne confortait ses gains dans un marché revigoré par les premières informations ayant filtré sur un projet d'accord des responsables européens, peu après l'ouverture d'une réunion extraordinaire de la zone euro à Bruxelles destinées à mettre sur pied un deuxième plan d'aide à Athènes.

Selon ce projet, la zone euro allongerait de 7 ans et demi à 15 ans "au minimum" la durée de ses prêts aux pays en difficulté comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal, et réduirait le taux d'intérêt qu'elle leur demande de 4,5% à 3,5%.

Il inclura, outre l'assouplissement de ses conditions, de nouveaux prêts de la part de la zone euro et du FMI, mais aussi une contribution des créanciers privés du pays (banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement).

"Ces mesures devraient réduire le fardeau pour Athènes et les marchés se sont réjouis de ce signal, comme en témoigne l'ascension de l'euro", observait Kathleen Brooks, analyste de la société Forex.com.

"Les opérateurs reprennent confiance et s'attendent à ce que des progrès importants soient accomplis aujourd'hui et modifient le fonctionnement de la zone euro telle que nous la connaissons", ajoutait-elle, estimant que de nouvelles étapes pourraient être franchies en direction d'"une plus grande intégration budgétaire".

Par ailleurs, le Fonds de secours des pays de la zone euro, appelé Facilité européenne de stabilité financière (FESF), pourrait être doté de la capacité inédite de racheter de la dette de ces Etats directement aux investisseurs, sur le marché secondaire, a indiqué une source diplomatique à l'AFP.

"Cela devrait permettre de relâcher la pression sur les obligations espagnoles et italiennes, et de soutenir l'euro, tout comme le +plan Marshall+ évoqué devrait limiter les effets négatifs des mesures d'assainissement budgétaire" dans les pays fragiles, relevait Nick Stamenkovic, analyste de RIA Capital Markets.