L’étoile de PSA pâlit en Europe, mais brille dans les pays émergents

 Les ventes mondiales de PSA Peugeot Citroën sont ressorties quasi stables au premier semestre grâce à la bonne tenue des marchés émergents qui, comme pour son concurrent Renault, ont permis au constructeur français de compenser le sévère recul du marché européen.Sur la période, le groupe a vendu plus de 1,8 million de véhicules dont plus de 1,6 million de voitures montées dans ses usines.

La progression sur un an est cosmétique (+0,2%). PSA reste devant son concurrent historique Renault, qui a annoncé lundi des ventes en hausse de 1,9% avec 1,37 million de véhicules, mais loin derrière d'autres comme l'allemand Volkswagen, qui a vendu plus de quatre millions de véhicules sur la période.

PSA accuse une baisse marquée de 5,3% de ses immatriculations en Europe. Le groupe n'a pas détaillé ses performances par pays mais a reconnu subir de plein fouet l'effondrement global des ventes sur des "marchés traditionnellement porteurs pour ses marques", comme l'Espagne (-25%) et l'Italie (-12%).

Outre l'impact de la fin des dispositifs de prime à la casse, il a également pâti des effets du séisme et du tsunami au Japon sur les approvisionnements en pièces, qui ont allongé les délais de livraison de certains modèles et retardé les immatriculations.

"Nous sommes presque au bout" des perturbations dues aux événements au Japon, a assuré Jean-Marc Gales, directeur des marques Peugeot et Citroën lors d'une conférence de presse, rappelant que le Japon a coûté 150 millions d'euros sur le semestre.

Pour 2011, le groupe maintient en Europe sa prévision "d'un marché au même niveau que 2010", a-t-il ajouté.

Des chiffres compensés par le reste du monde. Au premier semestre, le marchés chinois bondit de 10,2%, l'Amérique latine de 21,7% quand la Russie s'envole de 65,5% à 35.400 véhicules vendus.

En Chine, le dossier de création de la coentreprise CAPSA avec Changan Automotive Group, "est en phase finale d'approbation" par les autorités chinoises, selon M. Gales.

Et le groupe a redit son ambition de se développer dans ces marchés. Sur la période, le groupe a réalisé 38% de ses ventes hors d'Europe, a souligné M. Gales. Et à terme, il vise 50% de ventes hors Europe d'ici 2015, a-t-il insisté.

La montée en gamme est l'un des autres objectifs du constructeur, a affirmé le responsable. Au premier semestre, la part des ventes de véhicules "Premium" a progressé à 17%, contre seulement 14% sur la même période il y a un an.

Au vu de ces chiffres, la CGT a demandé mardi à PSA d'"abandonner son plan de fermeture (des sites) de Madrid, SevelNord et Aulnay".

"Avec plus de 1.860.000 véhicules vendus, PSA annonce que ses ventes sont au plus haut. (...) PSA est donc un constructeur automobile en très grande santé financière dont les actionnaires se portent très bien", écrit le syndicat.

La CGT a rendu publique mi-juin une note interne datant d'août 2010 évoquant la possible fermeture des sites de Valenciennes (Nord) et d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La direction du groupe a assuré que cette note n'était plus d'actualité et le président du directoire Philippe Varin a affirmé la semaine dernière, à l'issue d'un entretien avec le président Nicolas Sarkozy, que le groupe n'examine pas de projet de fermeture de site en France.

Après un fort recul en début de séance, l'action PSA Peugeot Citroën s'affichait en léger repli de 0,17% à 14H20 (12H20 GMT) à la Bourse de Paris, dans un marché en baisse de 1,19%.

PSA doit annoncer ses résultats semestriels financiers le 27 juillet. En 2010, le groupe était revenu dans le vert, dégageant un bénéfice net de 1,13 milliard d'euros.