L’économiste en chef de la BCE « prend au sérieux » la fébrilité des banques européennes

 L'économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), Jürgen Stark, dit "prendre au sérieux" les signaux de tension sur le marché interbancaire européen, tout en assurant que la situation était moins grave qu'en 2008."Des banques de certaines régions de la zone euro préfèrent déposer leurs liquidités auprès de la BCE plutôt que de le prêter à d'autres banques. Nous prenons ces signaux au sérieux", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Handelsblatt parue vendredi.

"Mais la situation n'est pas comparable à celle de l'automne 2008 après la faillite de Lehman Brothers", la banque d'investissement américaine dont le dépôt de bilan en septembre 2008 avait déclenché la crise financière, a-t-il ajouté.

M. Stark a également assuré que le prêt exceptionnel de 50 milliards d'euros sur 6 mois consenti le 4 août par la BCE aux banques de la zone euro, pour détendre la situation, ne serait pas renouvelé dans l'immédiat: "A l'heure actuelle, cela peut être vu comme une action unique."

L'économiste allemand a par ailleurs exprimé son scepticisme face à la création éventuelle d'obligations communes aux pays de la zone euro, ou "eurobonds."

"C'est une solution de façade qui envoie les mauvais signaux", a-t-il estimé.

"Nous aurions besoin d'une Constitution européenne avec des transferts de souveraineté de tous les pays. Alors des eurobonds auraient du sens", a dit M. Stark.