L’Allemagne prête à aider davantage la Grèce, selon son ministre des Finances

 L'Allemagne, principale économie de la zone euro, est prête à participer à un nouveau plan d'aide en faveur de la Grèce, a annoncé mardi son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, tout en insistant pour que les banques créancières participent à l'effort, un sujet qui divise."Le gouvernement allemand est prêt à participer à des mesures supplémentaires" en faveur de la Grèce, qui reste menacée de banqueroute un an après avoir bénéficié d'un programme de prêts de 110 milliards d'euros étalés sur trois ans et financés par l'Europe et le Fonds monétaire international, a-t-il déclaré.

M. Schäuble, qui s'exprimait devant la presse en arrivant à une réunion à Bruxelles avec ses homologues de la zone euro, a dans le même temps répété que son pays souhaitait une implication des banques privées détentrices de dette publique grecque au financement d'un second plan de soutien financier.

"Bien entendu, une participation du secteur privé est un élément d'un programme supplémentaire à l'avenir", a dit le ministre. "Nous en discutons", a-t-il ajouté, en rappelant que les députés allemands soutenaient cette position.

Ce volet est au centre des divergences entre Européens, en particulier le point de savoir si les créanciers privés (banques, mais aussi assureurs et fonds de pension ou d'investissement) doivent être mis à contribution de manière purement volontaire ou avec des éléments de coercition.

L'Allemagne insiste pour que les créanciers privés acceptent de se faire rembourser plus tard que prévu leurs prêts à la Grèce, via un échange des obligations souveraines qu'ils détiennent contre des titres à échéance plus longue.

La Banque centrale européenne, la Commission européenne et la France notamment militent pour que toute participation du secteur privé se fasse sur une base seulement volontaire, afin que la Grèce ne soit pas considérée comme dans l'incapacité de rembourser ses dettes. Elles redoutent sinon un mouvement de défiance des marchés susceptible de se propager à d'autres pays fragiles dans l'Union monétaire.

La Belgique est aussi sur cette ligne. Toute option autre que volontaire serait "une erreur fondamentale" qui ferait courir "un risque probablement ensuite au Portugal ou en Irlande, un risque à la zone euro" dans son ensemble, a averti son ministre des Finances Didier Reynders.

"C'est une participation volontaire" dont il s'agit, a-t-il précisé, "pour les créanciers privés il s'agirait de "maintenir leurs crédits à la Grèce dans les prochaines années, c'est de cela que nous allons discuter" en vue d'un accord si possible le 20 juin.

Néanmoins, toutes les capitales européennes ne sont pas au diapason.

"J'ai du mal à m'imaginer que cela puisse se faire sur une base volontaire", a ainsi jugé la ministre autrichienne, Maria Fekter.

"On ne peut pas laisser les profits aux banques et les pertes aux contribuables", a-t-elle dit, tout en reconnaissant qu'il fallait faire attention à ce que le plan d'aide soit pas "considéré comme une faillite (de la Grèce) ou un défaut car cela mettrait la BCE en difficulté et cela irriterait immédiatement les marchés financiers".

Le ministre finlandais Jyrki Katainen a aussi jugé "crucial" qu'on aboutisse "à une forme quelconque d'implication du secteur privé".