Hewlett-Packard s’effondre de près de 20% en Bourse

 Le titre du numéro un mondial des ordinateurs Hewlett-Packard s'effondrait vendredi à la Bourse de New York, les investisseurs accueillant avec inquiétude la brusque annonce d'une réorientation totale du groupe, sur fond de prévisions décevantes.Vers 14H35 GMT, l'action plongeait de 20,35% à 23,50 dollars dans un marché en repli.

Prévisions financières revues en baisse, une acquisition "coûteuse et inopportune" et de nombreuses autres décisions stratégiques: les annonces de HP contiennent de nombreux "signaux alarmants", ont estimé les analystes de la Deutsche Bank.

La société californienne, qui a bâti sa réputation sur le matériel informatique, a annoncé jeudi une spectaculaire transformation, passant par une éventuelle séparation de sa division ordinateurs et le rachat de l'éditeur de logiciels britannique Autonomy, valorisé plus de 10 milliards de dollars.

Elle va aussi arrêter de produire sa tablette informatique TouchPad et les téléphones multifonctions utilisant le système d'exploitation webOS, acheté 1,2 milliard de dollars à Palm en 2010.

"Nous sommes inquiets du fait que HP pourrait essayer de faire trop de choses en même temps", a estimé Shaw Wu, de Sterne, Agee & Leach.

Pour cet analyste, "même si nous approuvons la logique stratégique", elle présente des risques: l'incertitude qui entoure l'activité ordinateurs pourrait affecter son activité, et il sera plus difficile d'obtenir un bon prix pour cette division maintenant qu'il est officiel que HP cherche à s'en débarrasser.

Par ailleurs, "l'évaluation stratégique pourrait être extrêmement démotivante pour les employés de HP", ont estimé les analystes de la Deutsche Bank.

"Pour résumer, nous nous posons des questions sur le calendrier des décisions stratégiques (acquisitions et séparation de l'activité PC) en pleine détérioration du coeur des opérations de HP et révision à la baisse des prévisions", ont-ils ajouté.

Les analystes ont également critiqué le coût élevé de l'acquisition d'Autonomy.

"Sur le plan stratégique, le rachat d'Autonomy a du sens", mais "HP paye 10 milliards de dollars pour une activité qui va représenter 1% de son chiffre d'affaires et 5% de son bénéfice d'exploitation", ont relevé les analystes de Credit Suisse.

"Dans le passé, beaucoup d'acquisitions (faites par HP) ont été des catastrophes", a rappelé Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets, expliquant le scepticisme des investisseurs.

"Leur dernière acquisition était Palm pour 1,2 milliard, et aujourd'hui ils jettent Palm à la poubelle puisqu'ils arrêtent le système OS de Palm", a-t-il ajouté.

"Ils veulent devenir le compétiteur direct de SAP, d'IBM et d'Oracle. Ils s'attaquent à des gros morceaux qui ont eux-mêmes leurs propres soucis à cause du déplacement de la technologie vers le cloud", l'informatique dématérialisée, a-t-il prévenu.