Helsinki tient à négocier dans les temps un accord sur la garantie grecque

 La Finlande est persuadée de parvenir dans les temps à un accord avec la zone euro sur la garantie qu'elle attend d'Athènes pour sa participation au prêt international, et mercredi les experts estimaient infondées les craintes qu'Helsinki se retire du plan de sauvetage."Nous ne porterons atteinte ni à l'Union européenne, ni à l'euro, ni aux intérêts d'aucun des Etats membres", a assuré à l'AFP le ministre finlandais des Affaires européennes et du Commerce extérieur Alexander Stubb.

"Si nous nous retrouvons dans une position où nous sommes incapables de persuader nos partenaires de l'Union européenne", d'approuver l'accord bilatéral par lequel Athènes accorde une garantie sur la part finlandaise du prêt octroyé par la zone euro, "nous chercherons une solution créative", a-t-il dit.

Insistant sur la nécessité de "s'en tenir au calendrier établi dans le plan d'aide", il a refusé de confirmer un éventuel retrait de la Finlande de ce plan d'aide en cas de rejet par la zone euro d'un mécanisme de garantie, comme l'avait laissé entendre le Premier ministre Jyrki Katainen mardi.

"Ne sous-estimez pas le pragmatisme des Finlandais et la faculté de l'Union européenne à trouver des solutions créatives", a lancé M. Stubb. Il a répété que son pays insistait pour s'assurer une garantie, mais qu'il était d'accord pour en revoir les modalités afin qu'elles soient jugées acceptables par le reste de la zone euro.

L'Allemagne a estimé mercredi qu'il fallait "trouver d'autres moyens de rassurer la Finlande", en réitérant son opposition au versement d'une garantie en argent liquide.

Le 21 juillet à Bruxelles, lorsqu'a été décidé l'attribution à la Grèce d'une nouvelle aide de 159 milliards d'euros, Helsinki a fait écrire noir sur blanc que sa participation dépendait de l'obtention d'une garantie.

Mais l'accord bilatéral dévoilé la semaine dernière et prévoyant que la Grèce dépose dans les caisses de l'Etat finlandais une somme qui, ajoutée aux intérêts qu'elle produira, couvrira au bout du compte le montant du prêt garanti par la Finlande, doit obtenir l'aval du reste de la zone euro.

"Ca ne marchera pas avec les autres pays. Ca n'a aucun sens", a estimé l'analyste économique Reijo Heiskanen du groupe finlandais OP-Pohjola, selon qui le gouvernement finlandais "sera obligé d'imaginer un autre moyen de garantir son prêt".

Depuis l'annonce de cet accord bilatéral, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovénie et la Slovaquie ont émis des critiques, plusieurs laissant entendre qu'ils souhaitaient le même traitement de faveur, ce qui remettrait en question le plan de sauvetage dans son ensemble.

En Finlande, l'affaire a pris un tour politique car la nécessité d'obtenir une garantie a été inscrite dans le programme du gouvernement issu des législatives d'avril, et a été ratifiée par une commission parlementaire.

La campagne électorale avait en grande partie tourné autour du bien fondé pour la Finlande de participer à de tels prêts, avec une opposition très forte de la droite nationaliste qui a permis à son parti Les Finlandais (à l'époque appelé Vrais Finlandais) de réaliser une spectaculaire poussée lors du scrutin.

Si bien que M. Katainen ne peut éluder la question unilatéralement.

Mais pour le politologue Teija Tiilikainen, directeur de l'Institut finlandais des affaires internationales, le Premier ministre ne provoquera pas volontairement "l'échec du plan pour la Grèce".

Une analyse confirmée par M. Stubb qui assure que le gouvernement est conscient du l'enjeu global: endiguer la crise et relancer la croissance.